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CH de Châteaubriant : la télé-échographie pour pallier la désertification médicale

Reportage Mis à jour le vendredi 25 février 2022

Comment empêcher l’arrêt des examens d’échographie dans un hôpital dépourvu de médecins radiologues ? Un dilemme cornélien que le CH de Châteaubriant a su résoudre en misant sur la télémédecine, et plus particulièrement sur une technologie innovante : la solution Melody de la PME française Adechotech, disponible à l’UGAP. Reportage.

David, la cinquantaine, a aujourd’hui rendez-vous pour une échographie abdominale. Il a toutefois été prévenu que cet examen réalisé au CH de Châteaubriant (Loire-Atlantique) se déroulerait dans des conditions assez particulières… Et pour cause : « le radiologue ne sera même pas présent à l’hôpital ! », confie ce dernier. Car en effet, c’est de Bordeaux, distante de plus de 300 kilomètres de Châteaubriant, que cette échographie sera pilotée par le praticien. Et ce, grâce à un dispositif innovant à la pointe de la télémédecine, baptisé « Melody », conçu par la PME française Adechotech, et disponible à l’UGAP.

Alors que le territoire de Châteaubriant fait partie des nombreux déserts médicaux que compte la France, « il était impératif de trouver une solution pour répondre à la forte pénurie de radiologues dans la région », raconte Thomas Busque, responsable du service imagerie et ingénieur biomédical au sein de l’hôpital. Ainsi, plus aucun spécialiste en radiologie n’exerce dans l’établissement hospitalier depuis avril 2021…

Interface de commande

Si pour pallier de telles contraintes, l’hôpital avait déjà pris le taureau par les cornes en misant sur le système de téléradiologie du CHU de Nantes pour les scanner et IRM, « encore fallait-il nous doter d’un outil complémentaire pour les échographies à distance. Car pour ce type d’examens, deux spécificités doivent être prises en compte : l’analyse en temps réel des résultats et la nécessité que le praticien manipule la sonde échographique. Autant de hiatus précisément levés par la solution Melody ! »

Concrètement, le médecin imageur pratique l’examen via une interface de commande lui permettant de paramétrer l’échographe et de déplacer à distance la sonde échographique positionnée, elle, sur le corps du patient, hospitalisé au CH de Châteaubriant. Grâce à un système de visioconférence, le professionnel de santé paramédical - présent sur place, aux côtés du patient – assiste, à distance, le praticien. De quoi s’assurer que la sonde échographique - reliée à l’échographe via un bras robotisé - est bien positionnée selon les indications données en temps réel par le médecin. Et surtout bien accompagner les mouvements du robot lors de la pose de la sonde, par exemple sur l’abdomen du patient, et ainsi ne pas heurter ce dernier.

Près de 2500 examens par an !

Une fois l’outil bien positionné, « le praticien est alors libre d’exécuter à distance tous les autres mouvements nécessaires, puisque c’est lui qui reste aux commandes », précise Thomas Busque. Et avec, à la clé, une qualité d’image aussi nette que reproductible ! « Le rendu final s’avère tout à fait satisfaisant », confirme l’intéressé, soulignant également une prise en main optimum de la solution. « Les retours des radiologues avec qui nous travaillons sont globalement positifs. Tous soulignent la simplicité d’utilisation de Melody, un critère particulièrement important ».

Si bien qu’un examen dure aujourd’hui 25 à 30 min environ contre une quarantaine lors des premiers mois. Résultat : « nous avons déjà réalisé entre 2000 et 2500 examens rien que sur l’année 2021 ! », se félicite l’ingénieur biomédical, ravi d’avoir « acquis une telle innovation via l’UGAP pour simplifier et accélérer le processus d’achat, réduit à seulement quatre mois, et ainsi éviter toute rupture d’activité pour nos patients ». Pour ces derniers, le gain s’avère donc tout aussi notable, notamment en terme d’accès à des soins de proximité. « Grâce à la télémédecine, j’ai ainsi pu obtenir un rendez-vous en quelques jours seulement et à trente minutes de mon domicile ! », conclut David.

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