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Christophe Amoretti-Hannequin, France Urbaine : « Avec l’UGAP pour renforcer l’achat public responsable dans les territoires »

Reportage Mis à jour le mardi 22 février 2022

Métropoles, communautés urbaines, communautés d’agglomération… Alors que les adhérents de l’association France urbaine captent à eux seuls 40 % du chiffre d’affaires réalisé par l’UGAP auprès des collectivités, Christophe Amoretti-Hannequin, directeur finance responsable et achats de cette organisation, explique pourquoi un tel partenariat avec la centrale d’achat public s’avère essentiel pour doper la transition écologique dans les territoires.

Amoretti Hannequin

Mais comment aider les territoires à se mettre en ordre de marche en faveur des achats publics responsables ? Voilà un enjeu de taille auquel s’attelle l’association France Urbaine, avec l’appui d’un partenaire clé, la centrale d’achat public. Et ce, dans un « contexte législatif en pleine évolution en la matière », comme le rappelle Christophe Amoretti-Hannequin, directeur finance responsable et achats de cette organisation ralliant une centaine de collectivités : métropoles, communautés urbaines, d’agglomération… (voir la vidéo ci-dessous).

Et pour cause : alors que la loi Agec (anti-gaspillage pour une économie circulaire)* de 2020 comme la loi Climat & Résilience de 2021 « systématisent les impératifs RSE dans les marchés publics, obligation d’achats de certains produits recyclés ou issus du réemploi, intégration de clauses environnementales, etc. », poursuit l’intéressé, reste à garantir la mise en œuvre optimale de tels process supposant un véritable changement culturel !

Dimension stratégique et prospective

Et pour relever un tel challenge, et pas des moindres, force est de constater que « notre collaboration avec l’UGAP, plus grande centrale d’achat public française – forte de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires - et partenaire majeur des collectivités locales, s’avère essentielle »,poursuit Christophe Amoretti-Hannequin, « ne serait-ce que pour challenger, in fine, plus encore nos pratiques en matière d’achats responsables ».» Alors que les adhérents de France urbaine captent à eux seuls 40 % du chiffre d’affaires réalisé par l’UGAP auprès des collectivités (équivalent à 1,6 milliard d’euros), « c’est dire l’importance d’identifier avec les équipes de la centrale d’achat public la meilleure manière d’évaluer, comptabiliser nos achats réalisés via celle-ci, à l’aune notamment des objectifs de la loi Agec », analyse Christophe Amoretti-Hannequin.

On l’aura compris, « l’achat public responsable n’est plus un ‘petit plus’, comme cela l’était autrefois, tant les attentes citoyennes en la matière s’avèrent aujourd’hui très fortes », confirme Lionel Ferraris, directeur des politiques publiques et du pilotage de l’offre au sein de l’UGAP, soulignant ainsi « l’importance de ce partenariat avec France Urbaine qui nous amène à nous ‘décloisonner’ ». Si les deux partenaires partagent ainsi la même vision de l’achat public, « voué à ne plus être un acte uniquement juridique, mais aussi économique et surtout politique », encore faut-il conférer à celui-ci cette « nouvelle dimension stratégique et prospective ».

Priorité aux « Spaser »

Or, pour garantir une telle évolution, « il n’y a pas de recette magique, avertit le représentant de France Urbaine, mais bien une multitude de leviers à activer relevant du bon sens : la formation des acheteurs, des prescripteurs voire même des élus pour intégrer les impératifs RSE dès l’expression des besoins, une programmation pluriannuelle des achats propre à identifier les familles de produits pouvant faire l’objet d’achats responsables, le déploiement d’une démarche transversale ralliant tous les acteurs concernés… ».

Avec surtout comme point d’orgue de cette démarche irriguant toutes les compétences et politiques publiques propres aux collectivités : la mise en œuvre du fameux Spaser ! A savoir, le Schéma de Promotion des Achats Socialement et Ecologiquement Responsables, obligatoire dans les entités publiques à plus de 100 M€ d’achats annuels, depuis la loi de 2014 sur l’économie sociale et solidaire. Un dispositif d’ailleurs récemment renforcé par la loi Climat & Résilience.

Soutien au développement économique local

éco responsable

De Strasbourg à Bordeaux, nombre de métropoles ont ainsi renouvelé durant cette année de tels documents phare de politiques achats avec des objectifs très ambitieux à la clé. C’est aussi le cas de l’UGAP « qui s’inspire de cette démarche de Spaser pour élaborer une nouvelle stratégie RSE propre à mieux accompagner les collectivités en la matière. Et ce, via la mise à disposition d’une série de solutions leur permettant de remplir leurs objectifs de politiques publiques », indique Lionel Ferraris.

De quoi faire in fine de la centrale d’achat public, « un véritable instrument opérationnel au service des collectivités territoriales !, estime ce dernier, et d’abord en matière de soutien à tissu économique local, au regard de nos 700 fournisseurs et milliers de sous-traitants qui créent, alimentent des emplois partout en France… ». Car en effet, plus de la moitié des titulaires des marchés de l’UGAP sont des TPE-PME françaises. Un pourcentage porté à 80 % si l'on y ajoute les ETI ! Des chiffres qui devraient interpeller nombre d’élus locaux… Et sans doute ceux comptant déjà parmi les 64 % de clients « collectivités » de la centrale d’achat public.


*L’article 58 de la loi Agec (du 10 février 2020) impose à l’État et aux collectivités d’acquérir des biens issus du réemploi, ou comportant des matières recyclées, dans des proportions de 20 à 100 % selon les types de produits.

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