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Mobilité durable : Safra, une société albigeoise pionnière des bus à hydrogène Made in France

Reportage Mis à jour le mardi 26 juillet 2022

Avec ses bus à hydrogène déjà prisés par plusieurs villes françaises, la société Safra, titulaire de l’UGAP, est devenue l’emblème avant-gardiste de cette nouvelle filière cruciale pour l’avenir écologique et économique du pays. Si son président visionnaire, Vincent Lemaire, a eu raison de croire, depuis longtemps déjà, en ce vecteur d’énergie décarboné, reste encore à convaincre toujours plus les collectivités à franchir le cap. Avec toutefois un levier clé pour les motiver : le rôle d’appui de la centrale d’achat public qui a sélectionné le modèle de nouvelle génération de 12 mètres de la société française ! Reportage.

Bus hydrogène bleu Safra Hycity

 

Il est de ces PME innovantes françaises qui ne passent décidément pas inaperçues. C’est le cas, loin s’en faut, de Safra, société albigeoise dont le cœur de business, la mobilité hydrogène, hautement stratégique pour l’économie nationale, lui a valu de recevoir dans ses locaux, début 2021, pas moins de trois ministres. Car en effet, quoi de mieux pour organiser le premier Conseil national de l’hydrogène – alors que l’Hexagone veut s’imposer parmi les leaders mondiaux en la matière d’ici 2030 – que les locaux de ce porte-drapeau d’un tel marché de niche en France ?

Bruno Le Maire, ministre de l’économie ou encore Agnès Pannier Runacher, aujourd’hui ministre de la transition énergétique, ont, en effet, de quoi s’intéresser de près à cet acteur français clé de l’hydrogène vert, titulaire de l’UGAP, et ce, pour structurer une telle filière incontournable capable de… décarboner l’industrie, les transports et la mobilité !

Une première ligne de bus en 2019

« Un enjeu de taille pour l’avenir du pays et même pour la planète toute entière face au changement climatique ! », lance Vincent Lemaire, président de Safra qui a su muer en une décennie du statut d’entreprise dédiée à la rénovation de bus à celui d’acteur international de la mobilité hydrogène. Il faut dire que cet ingénieur engagé a su se montrer visionnaire. Alors qu’un tel vecteur d’énergie - voué donc à être décarboné - est aujourd’hui au cœur de tous les espoirs et priorités d’investissement du gouvernement (voir l’encadré), « dès 2011, nous lancions notre programme Businova de construction d’autobus propres de 12 mètres qui nous conduira à surfer avant l’heure sur le créneau de l’hydrogène vert », poursuit le président de l’entreprise dont le dernier modèle de nouvelle génération de 12 mètres, le HYCITY, est désormais disponible à l’UGAP !

Ce n’est que quelques années plus tôt, en 2018, que Safra parvenait à remporter son premier marché de bus hydrogène en France. Six engins pour l’agglomération Artois-Gohelle (Lens). Avec une première ligne hydrogène en France inaugurée en juin 2019 !


Vincent Lemaire, président de la PME Safra

Un sourcing en Europe

Versailles, Le Mans, Auxerre, Lyon…, les collectivités adeptes du Businova se conjuguent depuis au pluriel « tant leur engouement va croissant à l’égard de la mobilité hydrogène, qui plus est Made in France ! », se félicite Vincent Lemaire. Ainsi, sur les 25 bus hydrogène circulant aujourd’hui dans tout le pays, pas moins de 18 ont été conçus par cet unique pure player dans l’Hexagone. « En effet, nos autres concurrents sont basés ailleurs dans l’Union européenne ou hors UE», précise le dirigeant, témoignant de l’importance « de cette collaboration avec l’UGAP pour accélérer notre business alors que l’hydrogène représente désormais 50 % de notre chiffre d’affaires, l’autre moitié restant dédiée à notre cœur de métier traditionnel, la rénovation et la grande maintenance des matériels de transport de personnes».

Si un tel partenariat avec la centrale d’achat public illustre « notre mobilisation commune en faveur du développement durable », souligne Vincent Lemaire, il reflète aussi un engagement partagé en faveur de l’emploi local alors que Safra fait le choix d’une fabrication exclusivement en France ! Au-delà de l’assemblage de A à Z des véhicules dans l’usine à Albi conférant ainsi à la société une totale maîtrise de son process de production, place au recours à une pile à combustible de marque française ! A savoir, celle de Symbio, filiale de Michelin et Faurecia, qui permet ainsi de transformer l’hydrogène en électricité. « Aujourd’hui, nous cessons tout sourcing hors de l’UE, comme cela vaut pour nos réservoirs, quand nos concurrents européens misent toujours sur des technologies américaines ou asiatiques », complète Vincent Lemaire, soucieux de faire du « produire local » un « levier de différenciation » dans un marché en plein essor.

Produire 150 bus par an

Un secteur en plein boom certes, mais qui doit encore se structurer, s’industrialiser, « en étant tiré à terme par des commandes plus massifiées, notamment sous l’impulsion de l’UGAP », analyse le dirigeant. L’enjeu à la clé ? Faire baisser in fine les prix de tels engins et donc le cout encore onéreux de leurs composants. Des contraintes à anticiper souvent dès la phase de conception, ne serait-ce que pour ne pas brider l’innovation face à l’émergence de nouveaux besoins, « comme les demandes d’évolution des bus sur le plan architectural ».

Toujours pour diversifier, plus encore, son offre – et ainsi garder une longueur d’avance -, la société planche d’ores et déjà sur le lancement d’un bus articulé à hydrogène de… 18 mètres. Pour se faire, elle a investi pas moins de 17 millions d’euros, principalement en R&D. L’objectif : « passer à la vitesse supérieure en produisant plus de 150 bus à hydrogène par an via l’agrandissement de notre site de production. Aussi bien des modèles neufs qu’éligibles à terme au retrofit* », indique le dirigeant de Safra. Des perspectives pour le moins ambitieuses pour cette PME française, avec 200 salariés à son actif, rejoints d’ici fin 2022 par 80 recrues supplémentaires ! Alors collectivités, prêtes à relever le défi clé de l’hydrogène en soutenant cette pépite nationale propre à faire rayonner la France ?

* Le rétrofit ou conversion électrique consiste à transformer tout type de véhicule à moteur thermique en électrique, et pourquoi pas demain en modèles roulant à l’hydrogène vert.


France : une enveloppe de 9 milliards d’euros pour doper l’hydrogène vert

Autonomie énergétique de bâtiments ou de territoires isolés, chauffage et surtout mobilité durable : l’hydrogène renouvelable ou bas-carbone devrait capter d’ici 2050, 15 % à 20 % des besoins énergétiques mondiaux, selon l’association France Hydrogène qui rassemble les acteurs de la filière. De quoi permettre à ce vecteur de contribuer à terme à hauteur de 20 % à la baisse requise pour limiter le réchauffement climatique à 2°C, selon certains experts ! C’est pour se tailler la part du lion sur un tel marché en devenir que le gouvernement a lancé en septembre 2020 un plan de 7 milliards d’euros, complétés par 2 milliards d’euros supplémentaires via le plan France 2030.



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