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Performance RSE : place aux audits sociaux et éthiques des fournisseurs

développement durable Mis à jour le vendredi 11 septembre 2020

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Devoir de vigilance oblige, l’UGAP exige, depuis 2019, des candidats à ses appels d'offres - dans le domaine des vêtements professionnels et des EPI - de réaliser des audits sociaux et éthiques de leurs sites de production. Retour sur une telle démarche qui questionne autant les pratiques RSE des fournisseurs qu’elle booste les engagements des acteurs publics en matière d’achat public responsable.

600 paires de rangers, des milliers d’uniformes et de casques,… Chaque année, le SDIS 06 s’appuie sur la centrale d’achat public pour la commande en nombre d’EPI (équipements de protection individuelle) dédiés aux pompiers lors de leurs interventions. « C’est dire si nous accordons une importance particulière au respect des normes réglementaires et de sécurité propres à tels produits spécifiques, et donc, à leur lieu et conditions de fabrication », explique le lieutenant Louis Fragale, adjoint au chef du service de la logistique au sein du SDIS 06. Ce dernier marque ainsi son fort intérêt pour « le devoir de vigilance dont faire preuve l’UGAP en la matière », et ce, en exigeant des candidats à ses appels d'offres - dans le domaine des vêtements professionnels et des EPI - de réaliser des audits sociaux et éthiques de leurs sites de production. Pour l’intéressé, « cette démarche nous rassure largement, à la fois en tant que client public que co-prescripteur impliqué, en amont, dans le choix technique de telles offres proposées par la centrale d’achat public ».

Conventions de l'OIT

A l’image du SDIS 06, les acteurs de l’incendie et du secours sont désormais toujours plus interpellés par la performance RSE de leurs fournisseurs dans un contexte sociétal et politique faisant toujours plus la part belle aux impératifs de développement durable, achat public responsable en tête, comme le rappelle la dernière étude EcoVadis / Médiateur des entreprises (voir encadré). Respect des conventions de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), mise en application des dispositions légales du pays de localisation du site de production…, les audits exigés par l’UGAP depuis déjà 2019 permettent ainsi de passer au crible l’ensemble des pratiques des candidats, dans leurs usines de fabrication, en matière de droits de l'homme et d'environnement.

Une évaluation dont a ainsi fait l’objet la société Boche, PME de 190 salariés, basée dans les Deux Sèvres, spécialiste des chaussures techniques d’intervention et collaborant avec l’UGAP depuis une dizaine d’années.
« Alors que les précédents appels d’offres de la centrale d’achat public se concentraient surtout sur la performance technique des produits, pour la première fois, lors de la dernière consultation, tout un volet a, effectivement, porté sur notre engagement en terme de RSE, avec pour obligation de réaliser un audit social et éthique par un cabinet extérieur »,
raconte Mathieu Joubert, directeur général de la société, aguerrie à une telle procédure. Et pour cause : « nous avions déjà réalisé un audit en la matière en 2016, que nous avons donc effectué une nouvelle fois - spécifiquement pour l’UGAP - via le même prestataire ».Normes environnementales et incendies, plan d’évacuation, conditions de travail, qualité de l’air…, pendant deux jours pleins, pas moins de 1200 points de vérifications ont donc été passés à la loupe sur le site de production de la société en France, ainsi que dans sa filiale en Tunisie.

Certification ISO 14001

A l’instar de la PME Boche, la société Procovès, spécialiste des gants de protection, a dû se soumettre au même exercice. Et ce, en joignant à son dossier de consultation, dans le cadre d’un appel d’offres de l’UGAP, pas moins de… 73 pièces justificatives ! « De quoi attester ainsi de notre démarche RSE», indique Vincent Gaudillat, managing director de ce groupe, d’ores et déjà certifié ISO 9001 et 14001.

« Loin de se réduire à la seule réponse à un marché public, notre engagement sociétal relève d’abord d’une démarche complète de structuration de notre société» analyse le dirigeant de Procovès qui réalise désormais chaque année un bilan RSE. « C’est le deuxième bilan de ce type que nous effectuons. Preuve que satisfaire à de telles exigences en la matière, en tant qu’entreprise, s’inscrit désormais dans une évolution naturelle du marché ». Un avis partagé par Mathieu Joubert :« Alors que nous réalisons 85 % de notre chiffre d’affaires via les marchés publics, nous savons que nous pouvons désormais être systématiquement challengés en matière d’indicateurs de performance RSE, ceux-ci pouvant représenter jusqu’à 10 % de la notation globale à un appel d’offres. C’est pourquoi nous saluons aujourd’hui cette initiative adoptée par l’UGAP, en phase avec les standards actuels et à venir».

Entreprises et RSE : la France dans le top trois des pays les plus mûrs

Des sociétés françaises toujours plus matures en matière de RSE ? C’est du moins l’enseignement principal d’une étude conjointe de 2019 réalisée par le cabinet EcoVadis et le Médiateur des entreprises, visant à comparer la performance RSE des sociétés françaises avec celle des pays de l’OCDE et des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). En effet, l’Hexagone grimpe désormais à la troisième position du podium en la matière, contre la 7ème place lors de la première édition de 2012. Dans le sillage des grandes entreprises françaises qui caracolent en tête avec un score de 53,8/100, loin devant les deux autres régions (OCDE : 45,1 et BRICS : 33,8), les PME et ETI nationales devancent également leurs consœurs à l’étranger avec un score de 50,4 (contre 46,8 pour celles des autres membres de l’OCDE et 38/100 pour celles des BRICS).

Sous la pression croissante des législateurs, de la société civile et des investisseurs, la qualité des systèmes anti-corruption des entreprises françaises et la gestion des autres enjeux éthiques ont bel et bien progressé sur 2016-2018, selon l’étude, la meilleure progression s’observant sur le thème éthique (+9%). La France a ainsi rattrapé son retard par rapport aux autres pays de l’OCDE dans ce domaine en passant de 41,8 fin 2016 à 45,5 fin 2018. Pour la première fois, plus de 50% des entreprises françaises évaluées montrent donc un niveau de gestion des risques éthiques adapté ou exemplaire. La part des entreprises à risque élevé sur ce thème continue de se réduire pour atteindre 1%. Enfin, les entreprises françaises confirment leur avance déjà observée lors des éditions précédentes sur les thèmes Environnement et Social.

Autant d’évolutions structurantes côté entreprises, boostées par un phénomène de taille : la montée en puissance des pratiques achats responsables dans les chaînes d’approvisionnement mondiales (intégration quasi systématique de critères RSE dans les appels d’offres, et de clauses contractuelles dans tout le processus achat), comme le constate l’étude. Et de conclure : « dans un contexte où la responsabilité sociétale de l’entreprise prend progressivement sa place dans l’équation économique, de plus en plus sociétés cherchent désormais à se démarquer en adoptant un néo management à la fois performant et durable ».



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L'UGAP adhère au code déontologique de la Fevad et au système de Médiation du e-commerce.