
Un territoire d’innovation au service des transitions
Le choix de Metz pour accueillir cette nouvelle édition n’avait rien d’anodin. En ouverture de la matinée, Anne Mimin, directrice adjointe chargée la stratégie territoriale de l’UGAP rappelait l’attachement de la ville à son club de football tout en soulignant les transformations engagées depuis plusieurs années par l’Eurométropole.
C’est
une métropole extrêmement
engagée sur les sujets
d’avenir dont on va parler
aujourd’hui
, a-t-elle
souligné, évoquant une ville à
la fois plus verte, plus mobile
et plus innovante.
Entre mobilités innovantes, développement des espaces verts, attractivité universitaire et projets numériques, Metz s’affirme aujourd’hui comme un territoire particulièrement engagé dans les transitions écologiques et technologiques. Cette dynamique repose notamment sur une approche transversale des politiques publiques, où les enjeux environnementaux et numériques sont désormais pensés conjointement. Une vision qui a servi de fil rouge aux différents échanges de la matinée.
Préserver la ressource en eau grâce à la donnée
Premier thème abordé : l’eau, devenue l’un des enjeux majeurs de résilience des territoires.
Les intervenants ont dressé un constat partagé. Si les volumes de précipitations restent relativement stables, le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. L’augmentation des températures entraîne une hausse de l’évaporation et du stress hydrique, tandis que les épisodes météorologiques deviennent plus extrêmes.
On a une
aggravation du stress hydrique de 50
%. C’est très marqué
, a alerté
Christophe Leblanc, directeur général
adjoint de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse,
rappelant que seuls 32 % des cours d’eau
et plans d’eau du bassin sont
aujourd’hui considérés en bon état
écologique.
Face à ces défis, les collectivités misent de plus en plus sur les technologies connectées. La communauté d’agglomération Épernay, Coteaux et Plaine de Champagne a ainsi présenté son expérience en matière de télérelève des compteurs d’eau. Déployé sur l’ensemble de ses 47 communes, le dispositif permet de suivre les consommations en temps réel, d’identifier rapidement les fuites et d’améliorer la performance du réseau.
Pour Nicolas Couesnon, directeur de la
régie Épernay Agglo Champagne, l’enjeu
dépasse largement la simple optimisation
technique :
Même si nos ressources d’aujourd’hui
n’ont pas de problème, peut-être que
nos enfants en auront. C’est dès
aujourd’hui qu’il faut préserver
notre eau.
Les échanges ont également mis en avant l’importance de la sensibilisation des habitants et des acteurs économiques. Si les territoires du Grand Est ont longtemps bénéficié d’une relative abondance de la ressource, les épisodes de sécheresse observés ces dernières années rappellent la nécessité d’une gestion plus sobre et plus anticipatrice.
Anticiper les risques climatiques grâce aux territoires connectés
Autre sujet central : la capacité des collectivités à mieux anticiper les événements climatiques grâce aux données.
Le représentant de NGE a notamment présenté plusieurs solutions de surveillance des cours d’eau et de détection des crues. L’objectif étant de densifier les points de mesure, collecter des informations en temps réel et déclencher des alertes permettant aux élus et aux services opérationnels d’agir plus rapidement en cas de montée des eaux. Des exemples concrets ont été évoqués, notamment sur des territoires confrontés à des phénomènes d’inondation de plus en plus fréquents.
Au-delà des seuls risques hydrauliques, les intervenants ont insisté sur la nécessité de disposer d’outils capables de centraliser l’ensemble des données territoriales : qualité de l’air, consommations énergétiques, mobilité, gestion des équipements publics ou encore suivi environnemental. Ces plateformes d’hypervision permettent d’offrir une lecture globale du territoire et de faciliter la prise de décision.
La donnée, nouvel outil d’aide à la décision publique
Pour l’Eurométropole de Metz, la notion de « territoire intelligent » ne se résume pas à l’accumulation de technologies. La donnée est avant tout perçue comme un outil au service des politiques publiques.
Les intervenants ont rappelé que l’enjeu consiste désormais à décloisonner les services, à développer une véritable culture de la donnée et à faire émerger des usages concrets répondant aux besoins des collectivités. Consommation énergétique des bâtiments, détection des fuites, pilotage des réseaux, qualité de l’air ou encore gestion des mobilités : autant de domaines où l’exploitation des données permet de mieux comprendre, anticiper et agir.
Cette démarche ouvre également la voie à des usages prédictifs et à l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les outils de gestion territoriale. Une évolution qui suppose toutefois de conserver un numérique utile, sobre et inclusif, conformément à la stratégie portée par l’Eurométropole.

