Open data : « un accompagnement nécessaire des collectivités en matière de montage de projet »

Mis à jour le jeudi 11 juin 2026

ML Pro

Dès octobre 2018, les collectivités de plus de 3500 habitants doivent se mettre en ordre de marche en matière d’ouverture des données publiques. Mais pour satisfaire cette exigence d’open data local, encore faut-il qu’elles se dotent d’une stratégie réfléchie via un accompagnement dédié en matière de conseil et de montage de projet complexe, explique Mathieu Lhériteau, référent numérique au sein du SNDGCT.

L’ouverture des données publiques, oui, mais comment ? Alors que pas moins de 4000 collectivités territoriales en France – celles de plus de 3500 habitants – sont censées avoir franchi le cap de l’open data local d’ici octobre 2018, conformément à la loi pour une République Numérique, « force est de constater qu’elles restent en ordre dispersé face à un tel chantier, quelques-unes étant en avance, beaucoup d’autres accusant un vrai retard », rappelle Mathieu Lhériteau, référent numérique au sein du SNDGCT.

Et de rappeler un constat et pas des moindres : « nombre de collectivités ne savent tout simplement pas comment s’y prendre pour ouvrir leurs données publiques, d’où l’appui nécessaire d’un prestataire extérieur pour bénéficier d’un accompagnement dédié ».

Réflexion commune

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Pour ce DGS œuvrant au sein de la communauté d’agglomération de Blois, « nombre de collectivités manquent encore d’outils communs et cohérents pour échanger sur les modalités de l’open data. En l’absence de réflexion stratégique, elles se retrouvent isolées face à une telle problématique».

D’autant que nombre de freins ralentissement un tel déploiement : contexte budgétaire contraint impliquant d’autres urgences pour les collectivités et surtout « la mise en vigueur du RGPD , depuis mai 2018, qui incite les acteurs publics à plutôt sécuriser et protéger les données personnelles, plutôt qu’à ouvrir des données anonymisées, potentiellement communicables ».


Une relation citoyen / collectivité à repenser

Si les deux chantiers devront être menés en parallèle, modifiant – pour l’un comme pour l’autre - le rapport des citoyens à l’élu et à la collectivité, « force est de constater que les demandes de données publiques restent encore aujourd’hui assez limitées », poursuit l’intéressé.

« Même si les collectivités, sont loin d’être toutes dans un schéma ouvert, nombre d’entre elles mettent déjà en ligne des données budgétaires, géographiques… », nuance Mathieu Lhériteau pour qui « il faut distinguer les données citoyennes classiques, relatives au service public, des données plus commerciales, relatives à la voirie, aux cadastres, etc., qui nécessitent un plus grand contrôle. Et ce, afin que leur réutilisation par des opérateurs économiques soit encadrée, un moyen d’éviter que tout bénéfice financier ne se fasse au détriment de l’intérêt général».

Offre de conseil mutualisée

C’est dire la nécessité pour les collectivités de bénéficier d’un accompagnement clé en main en la matière ! « Les experts présents sur le marché restent assez disparates, d’où l’intérêt que l’UGAP propose une offre mutualisée propre à faciliter les démarches des acteurs publics en matière d’open data» souligne le DGS. Mais encore faut-il qu’un tel accompagnement - loin d’être cantonné au volet purement informatique - porte d’abord sur le montage du projet au sens large.

Et pour cause : « bien au-delà du volet technique, nous attendons une vraie expertise en terme de conseil tant l’open data est un chantier long et complexe nécessitant de prendre en compte l’organisation et les besoins de chaque collectivité, la demande citoyenne en termes de civic-tech , la nature des données qu’elles gèrent, la question de leur réutilisation, les différents schémas ou formats d’ouverture possibles, etc. », conclut Mathieu Lhériteau.