3 questions à... David Gruson

Mis à jour le mercredi 5 février 2025

" Les structures de mutualisation ont toute leur place dans l’évolution des achats hospitaliers "

David Gruson revient sur la professionnalisation et la mutualisation croissantes des achats dans un secteur hospitalier en pleine recomposition marqué par la création des GHT, Groupements Hospitaliers de Territoire et la quête constante d’innovations.

  • Pourquoi l’achat public innovant devient un enjeu de plus en plus stratégique pour le secteur hospitalier ?

David Gruson : Tout simplement parce que dans un contexte budgétaire très tendu, les hôpitaux publics doivent plus que jamais favoriser la performance de leur organisation. Et cela passe en premier lieu par l’achat de solutions innovantes. L’enjeu à la clé est de taille à savoir la modernisation du système de santé français. Un chantier d’ailleurs au cœur de la nouvelle loi santé. Aussi, pour se mettre au diapason des objectifs ambitieux fixés aux hôpitaux en termes d’efficacité opérationnelle, l’optimisation des achats hospitaliers s’avère essentielle, en misant notamment sur le savoir-faire d’entreprises innovantes.

  • Quelle approche de l’innovation les hôpitaux doivent-ils privilégier ?

DG : A la FHF, nous œuvrons pour une approche globale de l’innovation propre à doper la performance au sens large des établissements. Alors que la fonction achat se professionnalise de plus en plus au sein des hôpitaux, les acheteurs sont désormais en première ligne dans la recherche d’innovations organisationnelles favorisant des économies sur l’activité hors soins mais aussi de solutions techniques renforçant la qualité et la sécurité des soins. Et pour cause : c’est en générant des gains d’efficience multiples sur les achats courants –restauration, nettoyage, énergie, etc. – que nous pourrons investir davantage dans des achats qualitatifs en santé améliorant le service rendu aux patients. Il peut aussi bien s’agir de solutions durables s’inscrivant dans des circuits courts que d’appareils chirurgicaux au degré de technicité plus poussé. Lors de la dernière édition du Paris Healthcare Week, nous avons été particulièrement ouverts aux différentes formes d’innovation proposées s’appuyant, entre autres, sur le développement durable.

  • L’UGAP y a initié justement son village innovation présentant les solutions de neuf start-up – en terme de performance clinique, accessibilité et handicap, formation, sécurité, traçabilité...- toutes disponibles auprès de la centrale. Le rôle de celle-ci est-il essentiel pour professionnaliser les achats hospitaliers ?

DG : Tous les acteurs de référence de la mutualisation ont leur place dans le mouvement d’évolution des achats hospitaliers. Cela vaut pour l’UGAP comme pour les autres centrales. D’autant qu’avec l’avènement des GHT, Groupements Hospitaliers de Territoire, grande nouveauté de la loi santé, l’organisation des achats de la fonction publique hospitalière est amenée à être repensée. Et ce, en faisant la part belle à des démarches d’intégration plus globales adaptées à ces nouveaux échelons territoriaux. Ce repositionnement des achats à l’échelle nationale va ainsi induire une montée en puissance des pratiques de massification et le recours croissant à des innovations technologiques numériques, telle que la télémédecine, pour accompagner ces nouveaux modes d’organisation. La FHF reste très mobilisée en militant pour un modèle économique clarifié s’imposant comme un vecteur d’aide à la recomposition des offres de soins. Par ailleurs, nous sommes attentifs aux différentes solutions proposées par les structures de mutualisation dans une optique de déploiement de stratégies globales de coopération.