Grégory Allione, FNSPF : « En matière de mutualisation des achats des SDIS, l’UGAP a tout son rôle à jouer »

Mis à jour le jeudi 11 juin 2026

Allione

Nouveau président de la FNSPF, Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Grégory Allione revient sur les prochains grands chantiers qui l’attendent - préservation du statut de volontaire, mise en avant du secours d’urgence aux personnes,…- et le rôle clé joué par l’UGAP en terme d’achat public stratégique et innovant.

En tant que nouveau président de la FNSPF, quels sont les principaux grands chantiers auxquels vous allez vous
atteler ?

Ce mandat doit permettre de concrétiser plusieurs initiatives initiées sous la présidence d’Eric Faure, mon projet s’inscrivant dans la lignée des actions menées par la FNSPF depuis 2017 pour porter une ambition de sécurité civile. Nous veillerons tout d’abord à préserver le modèle français de sécurité civile, basé sur le volontariat (80% des effectifs). En ce sens, nous sommes satisfaits de la volonté du gouvernement français de défendre auprès des institutions européennes la pérennité du volontariat de sapeurs-pompiers comme un engagement citoyen altruiste. Reconnaître le sapeur-pompier volontaire comme un travailleur, ce serait mettre un terme à notre système de secours d’urgence et de réponse aux crises. Par ailleurs, nous nous félicitons de la reprise de la plupart des 43 propositions du rapport « mission volontariat » remis en début d’année, dans le plan d’action gouvernemental 2019-2021 annoncé lors de notre Congrès National en septembre dernier. Nous serons vigilants à son application dans les prochains mois par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

Mettre l’accent sur le secours d’urgence aux personnes fait également partie de vos priorités…

En effet, notre activité a profondément évolué ces dernières années, puisque le secours d’urgence aux personnes (SUAP) représente aujourd’hui 84% de nos interventions, que nous effectuons seuls dans 95% des cas. A ce propos, nous attendons une décision du gouvernement avant la fin de l’année sur la question du numéro unique d’urgence, le 112. L’enjeu est important : 13 numéros d’urgence coexistent aujourd’hui ! La mise en place de plateformes départementales interservices (sapeurs-pompiers, SAMU, police/gendarmerie) permettrait une prise en charge plus rapide et efficace des urgences. D’autres défis tout aussi importants nous attendent : notre contribution à la formation de 80% des Français aux gestes qui sauvent d’ici à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, conformément à la volonté présidentielle, le service national universel ou encore la protection des sapeurs-pompiers contre les agressions.

Dans un contexte budgétaire tendu pour les SDIS, est-ce que la mutualisation des achats s’impose comme un facteur clé d’optimisation des coûts ? En quoi l’UGAP peut accompagner les sapeurs-pompiers dans une telle démarche ?

En effet, la part des investissements est en constante diminution en France pour les SDIS ces dernières années : les dépenses d’équipement étaient de 805 millions d’euros en 2010, contre 548 millions d’euros en 2016. Un effort de mutualisation de nos achats de nos équipements est donc désormais une nécessité, tout en maintenant les spécificités de chaque département :zone montagneuse, maritime, exposée aux feux de forêt etc. Face à cet enjeu, l’UGAP, en tant que centrale d’achat public, a évidemment un rôle à jouer.

Plus généralement, comment la FNSPF envisage l’évolution des relations avec l’UGAP ? Sur quels points clés cette relation peut-elle se renforcer ?

Face à une multiplication des procédures d'achat, à la montée en puissance des marchés zonaux, l'UGAP doit continuer ses efforts d'ajustement de ses besoins techniques au regard de l'offre des fournisseurs et aller sur des segments de services ou d'innovation dans les matériels informatiques. Enfin, la recherche d'une meilleure sécurité juridique sera toujours un atout pour la centrale d’achat public.