Précarité : à Marseille, un Samu social 100 % équipé pour aider les plus démunis

Mis à jour le samedi 2 décembre 2023

Faire appel à l’UGAP pour répondre au besoin d’urgence sociale en France amplifié par la crise sanitaire actuelle ? C’est le parti adopté par la ville de Marseille qui a investi 1,5 million d’euros pour mieux aider les personnes précaires et sans-abris de la cité phocéenne lourdement frappés par la récession. Avec notamment la livraison, via la centrale d’achat public, de milliers de vêtements d’hiver et kits sanitaires. Reportage.

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Distribution de repas, accueil d’urgence dans des centres d’hébergement… De 7h à 1h du matin, les équipes du Samu social de Marseille travaillent à pied d’œuvre pour répondre aux besoins grandissants des plus démunis en cette période de pandémie. Et ce, en leur distribuant des couvertures, pulls polaires ou kits d’hygiène en quantité - cette année - bien plus importante que les précédentes. Et pour cause : des moyens financiers et matériels de taille « ont été mobilisés par la municipalité en faveur notamment des personnes sans-abris, suite à l’annonce du second confinement », comme le rappelle Audrey Garino, adjointe au maire déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, à la lutte contre la pauvreté et à l'égalité des droits, qui a fait le choix de l’UGAP pour remettre à niveau tous les stocks du Samu social.

Un budget exceptionnel d’environ 1,5 million d’euros a ainsi été débloqué depuis novembre 2020 par la cité phocéenne dont 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit près de 300 000 personnes ! C’est dire si avec la crise du Covid-19, « les conséquences sociales s’avèrent plus dévastatrices encore pour des dizaines de milliers de familles déjà confrontées à un quotidien très précaire », alerte l’élue, qui a donc réaffecté au budget « solidarité » des crédits municipaux non utilisés, initialement dédiés des opérations de communication ou à des évènements annulés suite à cette crise tenace.

Priorité à l’hygiène

Audrey Garino

Un véritable coup de pouce « solidaire » donc, qui a ainsi conduit, entre autres, à quelques 500 000 euros de commandes via l’UGAP dont l’achat de dizaines de milliers de couvertures, paires de chaussettes, gants, bonnets, tours de cou, chaufferettes, pulls… Sans oublier la distribution de masques lors des maraudes alimentaires quotidiennes organisées (1000 repas distribués par jour contre 500 avant la crise sanitaire) ou à l’entrée des bains douches publics nouvellement ouverts par la municipalité. Avec la crise actuelle, les préoccupations autour de l’hygiène revêtent bien sûr une dimension plus forte encore, d’où la mise à disposition par nos équipes – outre de 2500 masques par jour - de shampoings, gels douche, dentifrices, brosses à dents, protections intimes, rasoirs, gels hydro alcoolique, etc. », énumère l’élue de la cité phocéenne, la seule collectivité de France à disposer d’un Samu social municipal.


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« En effet, grâce à ce service intégré à la municipalité, nous pouvons bénéficier d’une lecture bien plus fine de l’évolution de la grande pauvreté et de l’exclusion sur notre territoire via les retours quotidiens de nos cinquante agents du Samu social », détaille Audrey Garino, confirmant ainsi la réussite sur le terrain de l’opération menée avec l’UGAP. « En effet, son service réactif a permis la livraison des premières commandes avant les fêtes de Noël ! ». De quoi amener l’élue à la conclusion suivante : « l’appui de la centrale d’achat public peut être un levier pour répondre à un tel besoin d’urgence sociale ». Rappelons qu’un million de personnes auraient déjà basculé dans la pauvreté en France depuis le premier confinement, rejoignant ainsi les 9 millions d’autres individus déjà comptabilisés, selon la Fédération des acteurs de la solidarité.