« L’UGAP nous offre une réactivité par rapport à nos besoins »

Mis à jour le samedi 2 décembre 2023

Rencontre avec le colonel Bazir, directeur du SDIS Guadeloupe.



Colonel Gilles Bazir
directeur du SDIS Guadeloupe.


UGAP : Pourquoi externaliser une partie de vos achats ?

Colonel Bazir : La commande publique des SDIS domiens représente plus d’1 M€ / an. Ce budget exige une sécurisation juridique. En interne, nous disposons d’une structure qui permet de lancer des appels d’offres, mais chaque marché est un risque. Par exemple, un candidat non retenu peut faire ordonner un référé s’il pense que notre décision est discutable. Et pour être opérationnel en permanence, on ne peut pas se permettre d’annuler ou de retarder un marché.
Assurer la fluidité des approvisionnements et profiter des opportunités tarifaires proposées par l’Ugap sont nos motivations majeures d’externalisation. Cela nous évite aussi de stocker certaines fournitures en nos locaux (consommables de bureau, produits d’hygiène et d’entretien, etc.).
Indépendamment, nous achetons tout de même quelques produits ou services non couverts par l’Ugap (l’alimentaire, ou les systèmes d’information et d’alerte), des produits ou services au prix de revient moins élevé chez des fournisseurs locaux comme les pièces détachées de véhicules.

UGAP : Quel intérêt pour le SDIS de s’engager dans un partenariat avec l’UGAP ?

CB : Pour plusieurs raisons. D’abord, la diminution de la charge de travail de nos services marchés et services techniques respectifs. La sécurité juridique présente également une forte valeur ajoutée. Ensuite, les tarifs sont souvent très intéressants. Enfin, l’Ugap nous offre une réactivité par rapport à nos besoins. Si nous devions préparer nous-mêmes toutes nos procédures, nous perdrions beaucoup de temps. La seule préparation d’un dossier de consultation demande au moins 3 mois… Avec l’Ugap, nous identifions notre besoin, nous l’affinons ensemble, on le valorise, et nous commandons. Au final, un gain de temps assuré.

UGAP : Quels résultats attendez-vous du partenariat avec l’UGAP ?

CB : Il faut préciser que le partenariat ne concerne pas que le Sdis Guadeloupe et qu’il est partagé par d’autres Sdis domiens. Regrouper un important volume de commandes permet de baisser sensiblement les coûts d’acquisition tout en gardant la possibilité de coller aux besoins spécifiques de chaque Sdis domien. Autrement dit, la flexibilité que nous souhaitions trouver en créant notre propre centrale d’achats, nous l’avons trouvé avec l’Ugap : commander à notre rythme, choisir nos dates et volumes d’achat.
Autre point important, le partenariat avec l’Ugap permet de renforcer la solidarité entre Sdis domiens. Par exemple Mayotte, qui ne dispose pas de moyens financiers très conséquents, bénéficie par le biais de ce partenariat des mêmes conditions que nous.
Précisons que cette convention est très récente. Elle n’existe que depuis début 2012, bien que nos premiers achats remontent à plusieurs années (2008 ou 2009). Le premier bilan que l’on peut dresser est globalement positif. Nous avons certes rencontré quelques soucis liés aux délais de livraison, ou encore à la définition de nos besoins, mais la qualité des échanges et des relations que nous entretenons avec nos interlocuteurs Ugap permettent de trouver des solutions. Aujourd’hui, à près d’un an de partenariat, nous sommes en phase d’observation. Les commandes sont significatives, mais serons-nous en mesure de respecter nos engagements en terme de volumes achetés, et l’Ugap ses délais et la qualité ? Nous comptons sur un élargissement de l’offre de l’Ugap pour augmenter nos volumes d’achat, notamment pour ce qui concerne des véhicules spécifiques, ou bien encore les prestations de montage de mobilier de bureau. Je pense qu’il faut laisser « mûrir » encore 1 à 2 ans notre partenariat avant de pouvoir l’évaluer à sa juste mesure.

UGAP : Quelles sont les spécificités de vos besoins (quelles différences avec les SDIS de la métropole) ?

CB : Nous avons des activités similaires mais des besoins parfois différents liés aux spécificités de nos régions. Le climat, par exemple, nos véhicules doivent être climatisés mais n’ont pas besoin du chauffage. Ou encore l’air marin attaque les carrosseries (un traitement anticorrosion est nécessaire), les reliefs, les pentes, les rues étroites (la motorisation des véhicules doit être calculée au plus juste pour être parfaitement adaptée à nos terrains)...

UGAP : L’éloignement et le décalage horaire sont-ils des contraintes dans vos démarches ?

CB : Avec une distance de 7 000 km qui nous sépare de la métropole, l’éloignement est effectivement une contrainte, et c’est là que le partenariat prend tout son sens. Pour des raisons évidentes de temps et d’argent, on ne peut pas visiter tous les véhicules que l’on souhaite acquérir, ni les vérifier une fois fabriqués. Le partenariat est aussi et surtout une relation de confiance entre nous et l’Ugap. Nous sommes régulièrement en contact direct avec le fournisseur titulaire du marché concerné, mais c’est avant tout un commerçant. Avec l’Ugap cela va beaucoup plus loin. Le recettage technique (la vérification de la conformité du véhicule, tant aux normes qu’aux équipements commandés), nous permet de prendre livraison en toute sécurité et tranquillité des véhicules achetés. On sent que l’Ugap est à nos côtés, et c’est essentiel.