
Vincent Coudrin, DINUM : « avec l’UGAP pour généraliser le cloud computing dans la sphère publique »
Mis à jour le samedi 2 décembre 2023

Développer massivement l’utilisation du cloud au sein de l’administration ? Voilà l’objectif que s’est fixé le gouvernement pour doper la transformation numérique au sein des ministères comme des collectivités territoriales. Avec notamment le lancement, en 2020, par la centrale d’achat public, d’un tout premier marché en la matière déployé en partenariat avec la Direction Interministérielle du numérique (DINUM). Explications de Vincent Coudrin, en charge de la mission cloud au sein de cette direction.
- Pourquoi l’Etat encourage aujourd’hui les acteurs publics à miser sur le cloud computing ?
Tout simplement parce que le cloud computing, ou l’informatique en nuage, constitue aujourd’hui LA pierre angulaire de la transformation numérique des organisations ! Et pour cause : adopter le cloud, c’est se donner la possibilité d'accélérer la production de services numériques – par exemple, de l’enseignement scolaire à distance, une application de Smart City… - et de rendre soutenable une telle accélération. De quoi pouvoir lancer in fine plus de projets simultanément, menés par des petites équipes, plus autonomes et affranchies des cloisonnements habituels. Une manière aussi de mettre à la disposition des usagers les nouveaux services sur des socles plus résilients et capables par leur élasticité d’accompagner la croissance des usages numériques. En offrant cette mise en production plus rapide et agile, le cloud permet ainsi d’asseoir de manière très concrète l’ambition digitale d’un acteur public au service de la modernisation de son action publique. Voilà pourquoi le programme DCANT (Développement concerté de l’Administration Numérique Territoriale) 2018-2020, initié par les pouvoirs publics, a conduit notamment au lancement du marché cloud computing avec l’UGAP, dédié à la fois à l’Etat et aux collectivités territoriales.
- Quelles sont les caractéristiques de ce marché, opérationnel depuis 2020 ?
Déployé en partenariat avec la DAE (Direction des Achats de l’Etat) et la DINUM, le marché UGAP a été construit de manière à adresser l’ensemble de la sphère publique, collectivités inclues. L’objectif : rendre accessible le meilleur du cloud externe, et le plus sécurisé, tout en encourageant les équipes informatiques à s’engager vers le déploiement continu et le DevOps. Grâce à ce marché d’envergure porté par le titulaire Capgemini, tous les acteurs publics peuvent ainsi accéder à un large catalogue d’offres de type IAAS (Insfrastructure as a Service) et PAAS (Platform as a service), y compris celles qualifiées par l’ANSSI pour les données sensibles des collectivités et celles agréées pour héberger les données de santé. Aussi, chaque client a la liberté d’opter au choix pour l’une des solutions de services cloud parmi les neuf prestataires retenus, tous adossés au titulaire de marché. Soit les principaux offreurs publics de cloud sur le marché mondial dont les champions français : OVHCloud, 3DS Outscale, Scaleway, Orange Business Services,… Avec, pour les clients publics, une sélection à faire, in fine, au regard de la typologie de leur projet applicatif et leurs contraintes réglementaires, ces derniers pouvant même mobiliser une « aide au choix » depuis le portail d’accès.
- Pourquoi avoir choisi de recourir à l’UGAP pour ce marché spécifique ?
En tant que centrale d’achat public nationale, l’UGAP offre des garanties sûres sur le plan de la procédure de passation à l’aune des impératifs propres à la commande publique. Autre point notable : grâce à la massification, elle permet aux acteurs publics de bénéficier de tarifs préférentiels en deçà de ceux du marché via un taux de remise net conséquent appliqué sur le prix public, obtenu grâce à des commissions très réduites concédées par les intermédiaires. Enfin, la centrale d’achat, de par sa force de frappe, est en mesure de doper la promotion et la visibilité de ce marché auprès d’un maximum d’acteurs publics en France, mais aussi d’en optimiser le suivi en aval. Et ce, en accompagnant sur le terrain chaque bénéficiaire, grâce à son ancrage territorial. Aussi, depuis son lancement, en septembre 2020, plus de 300 projets sont en cours d’instruction. Si les porteurs de projets se concentrent pour l’heure au sein de l’Etat ou parmi ses opérateurs, certaines collectivités sont déjà très actives, notamment en Rhône-Alpes, dans les Pays de la Loire ou dans le sud-est. Nous espérons cibler, à terme, davantage ces dernières, la vocation de ce marché étant aussi d’encourager les collectivités à adopter à grande échelle le cloud computing pour supporter la numérisation de leurs services publics.
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