Crise des climatiseurs : comment l’UGAP a répondu à l’urgence

Mis à jour le mercredi 28 octobre 2026

À l’été 2026, les fortes chaleurs ont placé les établissements de santé face à un besoin aussi concret qu’immédiat : rafraîchir leurs locaux. Sollicitée par le ministère de la Santé, l’UGAP a dû mobiliser en urgence ses capacités d’approvisionnement pour répondre à une demande exceptionnelle de climatiseurs mobiles. Une course contre la montre qui a mis à l’épreuve les mécanismes habituels de l’achat et de la logistique, mais aussi démontré l’intérêt de combiner plusieurs leviers d’approvisionnement.

Tout commence par une série de réunions. Face à la situation des établissements de santé, le ministère de la Santé réunit les principales centrales d’achat du secteur pour faire le point sur les besoins. Sur le terrain, les premiers signaux sont clairs, les établissements commencent à rencontrer de vraies difficultés liées aux fortes chaleurs.

Pour l’UGAP, il faut alors trouver rapidement une réponse. Pas question, à ce stade, d’engager des travaux pour installer des systèmes de climatisation dans les bâtiments. La réponse doit être immédiate et opérationnelle avec des équipements mobiles capables d’être déployés rapidement.

Il fallait trouver rapidement des solutions pour les accompagner pendant cette période particulièrement chaude , explique Wilfried Boudas, directeur des achats généraux à l’UGAP.

Le problème est que le marché du rafraîchissement n’est pas conçu pour répondre à une explosion soudaine de la demande. Une saison estivale se prépare près d’un an à l’avance. Dès septembre, les commandes de la saison suivante sont déjà programmées. Les climatiseurs sont dans leur très grande majorité fabriqués en Asie et acheminés par bateau. Un modèle qui oblige à anticiper les volumes, de sécuriser les approvisionnements et de maîtriser les coûts. Mais cette fois, il n’est plus question d’attendre.

Lorsqu’on demande plusieurs milliers de climatiseurs en quelques jours, la situation est complètement différente , résume Wilfried Boudas.

Trouver des climatiseurs là où ils sont disponibles

Dans cette situation d’urgence, l’UGAP dispose d’un premier atout : son marché existant avec un fabricant référent dans le domaine du traitement de l’air. Grâce à notre titulaire White and Brown, les stocks disponibles en Europe sont immédiatement identifiés.

Quelques centaines de climatiseurs sont récupérés dans des régions moins touchées par la chaleur, notamment dans la péninsule Ibérique. Ils sont rapatriés par camion et livrés rapidement aux établissements qui en ont besoin. Une première réponse, mais qui ne suffit évidemment pas face à l’ampleur de la demande.

L’UGAP active alors un deuxième levier. Sur son offre web, un distributeur grand public récemment référencé, Fnac Darty, dispose d’une capacité d’approvisionnement et d’un réseau de distribution beaucoup plus importants.

Là encore, le contexte joue en faveur de la réactivité. Le distributeur avait lui-même anticipé la hausse de la demande des particuliers et des entreprises et engagé des démarches pour récupérer des climatiseurs dans plusieurs pays européens.

Nous avons donc pu nous appuyer sur les stocks disponibles chez ce distributeur et les mettre rapidement à disposition sur ugap.fr , explique Wilfried Boudas.

Plusieurs milliers d'équipements, près de 200 établissements

Au 15 juillet, plusieurs milliers de climatiseurs ont finalement été livrés à près de 200 établissements.

Derrière ces chiffres se cache une mobilisation qui dépasse largement le simple passage d’une commande. Il a fallu identifier les stocks disponibles, trouver des solutions de transport, mobiliser les fournisseurs, adapter les flux et exploiter les capacités numériques de l’UGAP pour proposer rapidement les produits disponibles.

Mais cette crise révèle aussi les limites des mécanismes d’approvisionnement traditionnels. Les volumes demandés cette année étaient tellement importants que personne ne pouvait réellement y répondre dans les délais , constate Wilfried Boudas.

Pour atteindre les quantités demandées, il aurait fallu disposer de plusieurs usines européennes capables de produire et de livrer immédiatement. Or, aucun acteur ne peut raisonnablement maintenir une telle capacité de production en permanence pour répondre à un événement climatique exceptionnel.

Le transport, principal obstacle à la livraison rapide

Reste un autre enjeu, comment mettre plusieurs milliers de produits à disposition sans créer, dans l’urgence, un stock massif difficile à gérer une fois la crise passée ?

La réponse passe par les systèmes d’information. Grâce à l’interconnexion avec le distributeur, l’UGAP peut mettre en ligne des références disponibles en temps réel. Autrement dit, inutile d’acheter des milliers de climatiseurs pour les stocker en prévision d’une demande qui pourrait retomber. « Nous n’avions donc pas besoin d’acheter plusieurs milliers de climatiseurs à l’avance et de prendre le risque de les stocker », souligne Wilfried Boudas.

Cette souplesse devient un élément déterminant de la réponse. Les produits disponibles chez le distributeur peuvent être proposés aux clients au fur et à mesure, limitant à la fois le risque financier et la contrainte logistique pour l’UGAP.

Mais dans une situation où chaque jour compte, un autre obstacle apparaît : le transport.

Habituellement, les climatiseurs parcourent leur trajet par voie maritime. Pour répondre à une urgence de quelques jours, cette solution n’est plus envisageable. Le transport aérien devient alors la seule option compatible avec des délais extrêmement courts. Avec une conséquence immédiate : le coût du transport peut être multiplié par quatre. La question était donc aussi de trouver un équilibre entre l’urgence et la réalité économique , rappelle Wilfried Boudas.

Le chiffre illustre l’ampleur du défi : habituellement, l’UGAP commande environ 5 000 à 6 000 blocs-climatiseurs pour une saison. En 2026, les besoins exprimés ont atteint 30 000 unités.

Anticiper davantage, sans tout prévoir

La crise passée, reste une question essentielle : que faut-il changer pour être encore plus réactif la prochaine fois ?

L’un des enseignements est déjà intégré dans les prévisions. Les épisodes de chaleur de quelques jours ou d’une semaine deviennent plus fréquents. Pour 2027, l’UGAP a donc prévu de doubler les volumes. Mais l’exercice a aussi montré qu’il existe une frontière entre anticipation et surstockage.

Commander dès l’automne plusieurs dizaines de milliers de climatiseurs pour se prémunir contre un épisode climatique exceptionnel représenterait un risque financier et logistique considérable. Les produits ne sont pas périssables, mais leur stockage pendant plusieurs années immobiliserait des capitaux et des capacités logistiques importantes.

Notre approche consiste donc à anticiper une ou deux canicules “classiques”. Pour un épisode climatique majeur comme celui de 2026, il faut aussi reconnaître qu’il existe une limite à ce que l’on peut raisonnablement anticiper. , explique Wilfried Boudas.

C’est peut-être le principal enseignement de cette crise, face à des événements climatiques qui deviennent plus fréquents et plus difficiles à prévoir, la résilience ne repose pas uniquement sur la constitution de stocks.

Elle repose aussi sur la capacité à combiner les fournisseurs, diversifier les sources d’approvisionnement, exploiter les stocks disponibles et adapter les modes de transport, lorsque l’urgence l’impose. L’expérience de 2026 l’a confirmé : on ne peut pas tout stocker, mais on peut se préparer à réagir vite, fort et collectivement.