
Christophe Béchu, maire d'Angers : « l’UGAP, une solution de maîtrise des coûts et d’amélioration de la qualité »
Mis à jour le mercredi 5 février 2025


Sénateur-maire d’Angers et président d’Angers Loire Métropole,
Christophe Béchu revient sur le rôle majeur de la commande publique
pour favoriser la croissance des start-up angevines et l’importance
de la convention d’innovation signée avec l’UGAP.
- Pourquoi avoir accepté d’ouvrir le colloque UGAP « Bougez les lignes de l’achat public ! », organisé le 29 septembre à Angers ?
C’est très important pour nous d’être présent à ce type rendez-vous où les acheteurs publics du territoire sont rassemblés. L’UGAP est un acteur majeur dans la vie du secteur public au sens large avec plus de 2 milliards d’euros d’achats qui transitent via la centrale. L’UGAP, c’est aussi un moyen pour nous de maîtriser les coûts, d’améliorer la qualité de ce que nous achetons au service de concitoyens et enfin de pouvoir échanger, partager les bonnes pratiques entre acheteurs publics comme ce fut le cas lors de ce colloque.
- Quel message souhaitez-vous faire passer aux donneurs d’ordre public ?
Qu’il ne faut pas attendre des élections présidentielles à venir une modification drastique des équations complexes sur le plan budgétaire auxquelles sont confrontées aujourd’hui les acteurs publics. On peut certes voir quelques nuances dans les projets des différents candidats, mais tous s’accordent sur un point : la nécessité de baisser les dépenses publiques pour réduire la dette ! S’il est autant impératif que stratégique d’intervenir sur ce champ-là, il y a sans doute une nouvelle dimension à intégrer pour rationaliser les deniers publics : celle de la prise en compte des PME et de l’innovation dans l’achat public.
- Face aux contraintes budgétaires, les collectivités ont un nouveau regard sur leur politique d’achat. Réglementation, professionnalisation, mutualisation, innovation : comment analysez-vous la situation ?
Face aux nouveaux enjeux en termes d’innovation digitale, la commande publique connait une mutation de taille avec laquelle les acheteurs publics doivent se mettre au diapason. Le territoire d’Angers, qui compte un pôle de compétitivité clé, Végépolys, mais aussi la Cité de l’objet connecté, n’échappe pas à cette mutation. Car en effet, les objets connectés c’est tout simplement la nouvelle révolution numérique à venir, avec 80 milliards d’objets dans le monde qui seront connectés dans les prochaines années. Ces objets s’appuieront sur un réseau et offriront aux utilisateurs des usages intelligents à la fois des appareils domestiques mais aussi des appareils publics, propres à rendre des services multiples aux collectivités territoriales. Parmi lesquels, les coussins connectés pour le secteur médical qui renseignent les aides-soignants sur un certain nombre de constantes, ou encore des capteurs sur l’espace public pour mieux réguler le stationnement ou accompagner la gestion des déchets, l’assainissement de l’eau, etc.
Cette mutation est aussi l’occasion d’aider les start-up de notre territoire aux ambitions nationales, européennes ou mondiales en leur offrant - grâce aux marchés publics - la taille critique nécessaire pour partir à l’assaut du reste du monde
- Justement, ce colloque a été l’occasion pour vous de signer une convention d’innovation avec l’UGAP. Quel est l’objectif d’Angers Loire Métropole en concluant ce partenariat ?
Concernant cette convention, je suis plein d’ambition et en même temps plein d’humilité. Car si nous espérons faciliter l’accès de nos PME à la commande publique via ce partenariat avec l’UGAP, encore faut-il d’abord favoriser la rencontre sur le terrain entre PME et acheteurs publics, en instaurant un véritable rapprochement culturel. A l’UGAP, les procédures d’appels d’offres ont par exemple été fluidifiées pour favoriser les achats publics innovants. A la charge des PME de s’adapter elles aussi aux contraintes propres aux marchés publics. C’est dans ces efforts mutuels que réside la clé d’un changement réussi.
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