Jean-Vincent Placé, secrétaire d’État : « se mobiliser pour réussir la dématérialisation »

Mis à jour le mercredi 5 février 2025

Face à l’impératif de dématérialisation des marchés publics, Jean-Vincent Placé, secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat et de la simplification, plaide pour une mobilisation de tous les acteurs, et souligne le rôle de l’UGAP en la matière.

  • Comment aider les acteurs publics à franchir ce cap ?

Rappelons déjà que la dynamique actuelle en faveur de la dématérialisation des marchés publics s’avère très positive. Lors de mes déplacements en région, je vois sur le terrain la forte mobilisation des collectivités et des services de l’Etat en la matière. 60 000 entreprises ont déjà bénéficié d’un Marché Public Simplifié (MPS) tandis qu’une vingtaine de collectivités territoriales préfigure avec succès la facturation électronique.

Mais oui, il y en a encore des réticences à lever. Et pour cause : cette dématérialisation totale implique une transformation profonde des pratiques des acheteurs, des comptables publics mais aussi des entreprises. C’est pourquoi les services de l’Etat ont mis en place les outils et formations nécessaires. Mais avec 130 000 pouvoirs adjudicateurs sur tout le territoire, la diffusion n’est évidemment pas immédiate. Les responsables politiques, des maires aux ministres en passant par les parlementaires ont donc un rôle essentiel à jouer dans la mobilisation de leurs équipes. Parallèlement, les CCI, les fédérations et syndicats patronaux ou les experts comptables doivent faire connaitre les dispositifs aux entreprises afin qu’elles « adhèrent » en confiance à ces transformations.

C’est en nous mobilisant tous, que nous réussirons la transition vers la dématérialisation des marchés publics avec notamment l’obligation de réponse électronique imposée dès le 1er octobre 2018.

  • Quels sont les gains concrets générés par la dématérialisation ?

Dématérialiser, c’est simplifier l’accès des entreprises, PME en tête, à la commande publique. De quoi réduire les coûts de procédure qui s’imposent à elles. Pour les acheteurs, c’est l’opportunité de favoriser une plus grande compétition, et ainsi favoriser plus de qualité, d’innovation et des tarifs plus compétitifs.

A ma demande, le Conseil de la Simplification pour les entreprises a fait réaliser en juillet 2016 une étude d’impact portant sur 262 mesures de simplification ; l’approfondissement mené sur le Marché Public Simplifié met en évidence un gain de trente minutes pour l’entreprise qui candidate à un marché de fournitures, de plusieurs heures lorsqu’il s’agit d’un marché de travaux. Un gain très appréciable lorsqu’on est patron d’une PME ou d’une TPE.

  • Selon vous, quel est le rôle de l’UGAP pour renforcer cette dynamique ?

L’action de l’UGAP en faveur de la dématérialisation est un vrai atout pour le secteur public ; aussi permettez-moi de saluer ici la qualité du travail mené par les équipes de l’établissement public en la matière. Une démarche exemplaire qui inclut un autre sujet tout aussi stratégique et qui me tient particulièrement à cœur, l’innovation. En effet, les nouvelles technologies restent un outil fantastique pour réformer et simplifier notre action publique. Les acheteurs publics doivent être aux avant-postes et l’UGAP a largement pour vocation à « sourcer » les produits, dispositifs et services innovants notamment auprès des start up. C’est une action que la centrale conduit déjà, notamment dans des domaines comme la santé ou l’environnement. Je ne peux que l’inciter à accélérer davantage cette démarche.