Comment choisir un câble à fibre optique pour un établissement public ?

Dans un contexte de transition numérique et d’optimisation des infrastructures de télécommunication, le choix de câbles à fibre optique adaptés aux besoins des entités publiques revêt une importance stratégique. Indispensables pour assurer la connexion haut débit des bâtiments, les câbles à fibre optique également appelés jarretières peuvent prendre diverses formes pour mieux s’adapter à de multiples contextes : monomodes, multimodes, monobrins, multiplex, gaines de protection interne, adaptation à un environnement intérieur ou extérieur, etc.
L’UGAP vous accompagne dans l’identification de vos besoins spécifiques afin de vous aider à faire le choix du câble à fibre optique le plus adapté en tenant compte des critères techniques, normatifs et économiques essentiels à une acquisition responsable et pérenne.
Qu’est-ce qu’un câble à fibre optique ?
Un câble à fibre optique utilise la lumière pour faire circuler des informations. Cet équipement repose sur les principes de réflexion de la lumière et de transition optique. Concrètement, les données à transmettre se présentent au format numérique, codées avec des 0 et des 1. Elles sont ensuite converties en signaux lumineux, le plus souvent grâce à une source LED ou laser.
Composé de fils de verre ou de plastique très fins, appelés brins, un câble à fibre optique est conçu pour offrir une grande bande passante, une faible latence et une immunité totale aux interférences électromagnétiques, contrairement aux traditionnels câbles RJ45.
Les câbles à fibre optique sont désormais essentiels dans les infrastructures réseau modernes des établissements publics, car ils transmettent de très importantes quantités de données, et ce, très rapidement et sur de grandes distances. Ils assurent une connectivité fiable et efficace entre bâtiments, serveurs et postes de travail.
Quels sont les types de fibres optiques disponibles ?
On distingue deux grands types de fibres optiques : les monomodes et les multimodes. Selon ce critère, ils peuvent s’étendre sur des distances plus ou moins longues et se décliner en différentes catégories.
Fibre monomode
La fibre optique monomode transmet un seul signal lumineux. Elle limite la dispersion des informations et s’utilise avant tout sur de longues distances, allant jusqu’à plusieurs kilomètres. Souvent présentée dans une gaine de couleur jaune, elle offre une bande passante extrêmement élevée et est employée pour relier des bâtiments ou des sites éloignés les uns des autres.
Fibre multimode
La fibre optique multimode est conçue pour faire circuler plusieurs signaux lumineux et ce, sur de courtes distances, autour de 550 mètres. Elle souffre d’un peu plus de pertes d’informations par rapport à la fibre monomode, mais demeure extrêmement efficace et bien moins coûteuse à l’achat. Plus faciles à installer, les câbles à fibre multimode conviennent parfaitement aux réseaux internes d’un bâtiment.
Catégories à connaître
Les câbles à fibre optique monomode sont souvent répartis en deux catégories qui renvoient à leur construction, leurs performances d’atténuation et leurs applications possibles.
- Les câbles OS1 peuvent mesurer jusqu’à 10 km de long, reposent sur une structure serrée et s’emploient pour connecter des bâtiments relativement éloignés, comme les campus universitaires, par exemple.
- Les câbles OS2 s’utilisent sur de longues distances, allant jusqu’à 200 km ou plus, avec une structure desserrée.
On trouve également plusieurs types de câbles à fibre optique multimode, qui se différencient par l’importance de leur bande passante
| Catégorie | Couleur gaine | Usages principaux |
|---|---|---|
| OM1 |
Orange
|
Réseaux anciens, distances courtes |
| OM2 |
Orange
|
Réseaux locaux, distances courtes |
| OM3 |
Turquoise
|
Centres de données, 10 Gb/s |
| OM4 |
Turquoise ou violet
|
Centres de données, de 40 à 100 Gb/s |
| OM5 |
Vert citron
|
Multiplexage par longueurs d’onde (SWDM), débits très hauts |
Connecteurs, brins et gaines : quels sont les accessoires complémentaires à prévoir ?
Pour transmettre les informations, un câble à fibre optique a besoin de connecteurs appropriés qui le relient au réseau, le plus souvent par le biais d’un tiroir optique, d’un commutateur ou encore d’un boîtier.
Le choix de ces accessoires dépend, entre autres, de la compatibilité avec les équipements, ce qui implique notamment de vérifier le type de terminaison sur lequel il est raccordé : PC, UPC ou APC. Cette caractéristique influence la réflexion du signal. Il existe plusieurs types de connecteurs : LC, SC, ST, MTP/MPO, etc. Sur les installations récentes, le modèle LC reste le plus courant.
Combien de brins faut-il choisir ?
Le brin optique est l’élément de transmission individuel dans le câble. Un câble peut contenir un seul brin ou plusieurs, selon les besoins de communication et la topologie du réseau. Ce choix varie aussi en fonction du type de connexion.
La plupart du temps, on estime que les câbles monobrins conviennent surtout aux connexions simples et unidirectionnelles, tandis que les duplex, qui incluent deux brins, sont destinés aux connexions bidirectionnelles classiques. Dans ce cas, le premier correspond à l’émission et le second à la réception . Enfin, les multiplex, qui en comptent 4, 8, 12, 24 ou plus, s’emploient sur des réseaux étendus, mutualisés ou encore sur des baies de brassage.
Par ailleurs, certains professionnels suggèrent de prévoir des brins de secours en cas de casse pendant la manipulation des câbles. Ce réflexe évite d’avoir à tout recâbler en cas d’accident lors du chantier, ce qui assure une certaine sécurité. Il est conseillé de compter 2 brins de secours pour 6 brins en moyenne.
Quelle gaine de protection privilégier ?
En fonction de l’environnement dans lequel les câbles à fibre optique sont installés, il est essentiel de prévoir une gaine de protection adaptée. En plus de celles qui protègent l’extérieur du câble, certaines s’appliquent directement aux brins à l’intérieur de celui-ci.
Dans les ERP (Établissements recevant du public), les gaines LSZH (low smoke zero halogen : faible émission de fumée, sans halogène) sont désormais obligatoires afin de limiter les fumées toxiques dégagées par la combustion des câbles en cas d’incendie. Dans des environnements plus contraignants, tels que les systèmes posés directement en extérieur ou le passage en sol, une gaine armée est recommandée.
Selon les conditions de pose et les contraintes mécaniques, un modèle tight buffer ou loose tube (câble à structure serrée ou tube lâche) peut tout à fait convenir. Le premier se trouve plus souvent en intérieur, en raison de sa maniabilité et de sa simplicité d’installation, tandis que le second supporte mieux l’eau et les variations de température. Les loose tubes sont donc plus adaptés aux conditions extérieures difficiles.
Quel câble à fibre optique choisir selon l’environnement ?
Bien choisir son câble à fibre optique implique de réfléchir à ses performances, mais aussi à son environnement direct, afin de s’assurer qu’il fonctionne correctement le plus longtemps possible et qu’il ne présente pas de risque pour les usagers.
Environnement intérieur
Dans le cas d’une installation à l’intérieur d’un bâtiment ou d’un logement, située dans
- Une gaine LSZH : obligatoire dans les établissements recevant du public (ERP), elle limite la propagation des flammes et la toxicité des fumées en cas d’incendie.
- Un câble souple : facilite la pose dans les espaces confinés.
- Un câble non armé : suffisant car peu exposé aux agressions mécaniques.
- Un modèle tight buffer : chaque brin est gainé individuellement, idéal pour des terminaisons directes.
Environnement extérieur
En milieu extérieur, les câbles sont exposés à des conditions climatiques et mécaniques plus extrêmes que lorsqu’un édifice les protège. Mieux vaut donc opter pour du matériel plus résistant, comme, par exemple :
- Une gaine extérieure résistante aux UV et aux intempéries : pour prévenir le vieillissement dû au soleil et à l’humidité.
- Une protection contre les rongeurs et les chocs : câble armé ou avec tresse métallique, voire double gaine.
- Un câble loose tube : les fibres sont protégées dans un tube rempli de gel ou d’air, plus adapté aux variations de température.
- Un câble diélectrique : sans élément métallique, idéal pour éviter les perturbations électriques ou les risques de surtension.
Environnement mixte
Certains câbles se trouvent à la fois en intérieur et en extérieur, notamment lorsqu’ils relient deux bâtiments entre eux. Dans ce cas, il est nécessaire de prévoir une protection optimale et polyvalente. Parmi les équipements préconisés dans un tel contexte, on trouve entre autres :
- Les câbles universels (universal) : conçus pour répondre aux exigences des deux environnements.
- Des gaines doubles ou hybrides : résistance mécanique renforcée associée à une gaine LSZH pour l’intérieur.
Il est, par ailleurs, recommandé d’éviter les raccords intermédiaires dans une telle configuration, afin de simplifier la pose et de réduire les pertes optiques.
Paramètres supplémentaires à prendre en compte
Les ERP en France doivent impérativement se tourner vers des câbles équipés de gaines LSZH, qui limitent la propagation des flammes et la toxicité des fumées en cas d’incendie. D’autres paramètres sont à prendre en compte au moment de sélectionner son matériel, notamment ceux qui ont trait à la situation géographique :
- Protection anti-rongeur : en milieu rural (grange, bâtiment agricole, etc.) ou dans certains contextes urbains, il peut s’avérer indispensable de prévoir une protection supplémentaire contre les assauts des rongeurs. Plusieurs niveaux existent sur le marché, de la version la plus simple à l’intermédiaire, renforcée, jusqu’à la protection ultime avec renfort en acier.
- Résistance aux manipulations intensives : dans certains environnements, les câbles à fibre optique peuvent être soumis à rude épreuve. Écrasement, manipulations répétées, torsions, mieux vaut s’assurer du niveau de solidité de l’équipement s’il est amené à être très exposé et déplacé.
- Légèreté : le poids du câble se révèle particulièrement important, a fortiori en cas de grande longueur à déployer. Un câble léger est indispensable pour une mise en place plus facile, surtout s’il doit être installé en hauteur, dans de faux plafonds, ou disposé sous un faux plancher. De ce fait, si celui-ci comporte de nombreux brins optiques, il est essentiel de tenir compte de son poids pour préparer la pose.
- Facilité de tirage : certains câbles sont présentés comme « faciles à tirer », ce qui peut devenir un véritable atout en cas de déploiement sous fourreau ou sur de très grandes longueurs.
La diversité des usages impose une vigilance particulière sur les spécifications des câbles, leur conformité aux normes en vigueur, ainsi que sur les conditions de mise en œuvre. En vous appuyant sur les recommandations de l’UGAP, votre centrale d’achat public, vous garantirez la qualité de vos installations et favoriserez une gestion efficiente des ressources publiques.