Comment choisir un éclairage pour un établissement public de santé ?

Dans un établissement public de santé, la luminosité revêt une importance cruciale : en salle de soin, elle permet aux chirurgiens d’agir avec précision, tandis que dans les chambres, elle offre un cadre apaisant pour les malades. Rendu et température des couleurs, valeur d’éclairement, plusieurs paramètres entrent en jeu au moment de définir l’éclairage médical à installer dans les différentes zones du bâtiment.

L’UGAP vous aide à sélectionner des solutions d’éclairage répondant aux besoins spécifiques des établissements publics de santé, efficaces sur le plan énergétique et conformes aux normes.

Pourquoi préférer l’éclairage LED dans les établissements médicaux ?

L’éclairage LED présente plusieurs atouts, qui se révèlent particulièrement précieux pour les établissements de santé. Pour commencer, les sources LED diffusent une lumière uniforme, dont l’intensité et la température peuvent être modifiées aisément, ce qui permet de s’adapter aux besoins des patients, ainsi qu’au personnel soignant. Moins agressives que les ampoules traditionnelles, les solutions telles que les gaines lumineuses, par exemple, offrent un éclairage direct, indirect ou en veille, avec une température de couleur modulable, mesurée en kelvins et souvent comprise entre 2 700 et 6 500 K.

Ce système contribue au respect du rythme circadien, c’est-à-dire du rythme biologique, calqué sur les changements constants de la lumière naturelle. Les éclairages reproduisant ces microvariations favorisent ainsi un sommeil de qualité, une meilleure vigilance et le bien-être émotionnel en général.

Également, les LED représentent une technologie moderne, plus durable et écologique que les anciennes ampoules. Elles consomment également beaucoup moins d’énergie, ce qui garantit de réaliser de véritables économies d’électricité sur le long terme.


Quelles normes et recommandations sont applicables en éclairage hospitalier ?

Il existe 3 normes européennes applicables aux éclairages en établissement de santé. La première, EN 60598-2-25, s’attarde sur la sécurité des lampes sans les zones de soin, la deuxième, EN 12464-1, sur la perception de la lumière par les différents usagers et la troisième, EN 62 471, sur les effets d’une exposition prolongée sur la santé.

Norme EN 60598-2-25 — Luminaires pour unités de soins

Cette norme européenne s’applique aux luminaires disposés dans les zones de soins, telles que les chambres, les salles de consultations ou de soins légers. Ces exigences concernent la sécurité électrique, mécanique et thermique, ainsi que la résistance aux produits de nettoyage :

  • Une température de surface inférieure à 70 °C pour les parties métalliques et inférieure à 85 °C pour celles non métalliques,
  • Une facilité de nettoyage et de désinfection, avec des formes simples, sans « recoins », et des matériaux de construction non poreux,
  • Des éléments permettant d’éviter tout éblouissement trop violent et d’empêcher les interférences magnétiques avec les autres appareils médicaux.

Norme NF EN 12464-1 — Éclairage des salles de travail

La norme européenne EN 12464-1 détermine les valeurs minimales d’éclairement, exprimées en lux, les exigences d’uniformité, le rendu des couleurs, IRC, et le contrôle de l’éblouissement, UGR, pour les différents espaces qui composent un établissement de santé.

Norme européenne EN 12464-1 d'éclairement pour les différents espaces d'un établissement de santé

Zone de soins Éclairement (lux) IRC minimum UGR maximum
Chambre de patient — éclairage général 100 lx ≥ 80 ≤ 19
Chambre de patient — lecture/soins De 300 à 1 000 lx ≥ 80 ≤ 19
Salle d’examen/traitement De 500 à 1 000 lx ≥ 90 (idéal) ≤ 19
Salle d’opération (champ opératoire) Jusqu’à 10 000 lx ≥ 90 ≤ 16
Circulations De 100 à 200 lx ≥ 80 ≤ 22
Salles d’attente/bureaux De 300 à 500 lx ≥ 80 ≤ 19

L’indice de rendu des couleurs, IRC, renvoie à la perception de celles-ci : plus sa valeur est élevée, plus les teintes dans la pièce sont naturelles. Pour les actes médicaux comme un diagnostic dermatologique ou une intervention chirurgicale, on recommande de prévoir un IRC supérieur à 90, pour un aperçu le plus précis possible.

D’un autre côté, l’UGR (Unified Glare Rating), mesure l’éblouissement. De manière assez instinctive, plus cet indicateur est faible, moins la lampe génère de gêne visuelle.

Norme EN 62 471 — Sécurité photobiologique des lampes

En complément de la précédente, consacrée à la perception visuelle de la lumière produite par une source LED, la norme EN 62 471 évalue la sécurité photobiologique de ces appareils. En d’autres termes, elle garantit que l’exposition prolongée à cette source lumineuse ne présente aucun danger pour la rétine de l’œil ou pour la peau.

Elle répertorie les éclairages en 4 classes distinctes allant de RG0, pour un niveau parfaitement inoffensif, à RG3, pour les luminaires nécessitant une protection obligatoire. Pour attribuer sa classification à chaque produit, elle se base notamment sur les niveaux de radiance et d’irradiance. Notez que l’agrément EN 62 471 est obligatoire pour obtenir le marquage CE.


Quels critères sont à prendre en compte pour un éclairage optimal selon les espaces ?

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Les besoins en éclairage diffèrent selon les types d’espaces de votre établissement public de santé. Dans la zone d’accueil, il est important que les usagers puissent s’orienter facilement sans que la lumière soit trop blafarde, tandis que dans les chambres, un éclairage doux, propice au repos, semble idéal. Dans les salles de soin ou d’opération, les praticiens ont, de leur côté, besoin d’une lumière naturelle et puissante, qui leur garantit une vision d’une grande précision.

Zones de circulation et d’accueil

Le hall d’accueil d’un hôpital ou tout autre établissement médical représente le lieu d’arrivée des patients, mais aussi des visiteurs. Il doit donc à la fois leur permettre de se repérer rapidement et d’éviter les chutes, tout en gardant une atmosphère rassurante et accueillante. Aussi, les familles arrivent souvent préoccupées pour leur proche. L’éclairage doit donc être doux et non agressif, afin de créer une ambiance réconfortante et sereine pour tous.

Nous recommandons, parmi les critères de choix pour définir l’éclairage des zones d’accueil, un éclairement entre 150 et 300 lux, pas trop agressif, mais suffisamment clair. Pour une bonne restitution des couleurs, notamment au niveau des plans et des panneaux d’affichage, un indice de rendu des couleurs (IRC) supérieur à 80 peut tout à fait convenir. Enfin, pour éviter l’éblouissement dans les couloirs, un UGR (Unified Glare Rating soit l’indice d’éblouissement unifié) inférieur à 22 semble idéal.

Quelques fonctionnalités supplémentaires peuvent permettre de réaliser des économies au quotidien, telles que les luminaires antiéblouissements équipés de détecteurs de présence pour optimiser l’énergie dans les couloirs moins fréquentés. D’autres systèmes offrent la possibilité d’un pilotage jour/nuit, parfait pour les EHPAD (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou les maternités, par exemple.

Chambres des patients

Dans les chambres des patients, le repos constitue la priorité, l’éclairage ambiant ne doit donc pas être trop violent. Il doit toutefois laisser la possibilité aux soignants de réaliser les soins quotidiens.

Pour créer un environnement apaisant, on préconise donc une lumière principale douce, entre 100 et 200 lux, avec une teinte assez chaude, autour de 3 000 K la température de couleur. La plupart des chambres comportent un coin lecture, pour favoriser le bien-être des patients. L’éclairage doit, alors, rester localisé — particulièrement dans les pièces accueillant plusieurs patients — avec une intensité faible (inférieure à 300 lux), être facilement orientable et éviter tout risque d’éblouissement.

Il existe également des systèmes de veilleuses, diffusant une lumière très faible, entre 5 et 15 lux, pour le confort nocturne. Par ailleurs, nous vous conseillons d’opter pour des luminaires faciles à nettoyer, compatibles avec la norme EN 60598-2-25.

Enfin, pour le moral des patients et le respect de leur rythme biologique, il peut s’avérer judicieux de mettre en place un éclairage circadien programmable, qui permet une intensité et une couleur variable selon l’heure.

Salles d’examen et de traitement

Les salles d’examen et de traitement doivent permettre aux soignants d’effectuer des actes médicaux précis, la luminosité doit donc offrir une excellente visibilité des couleurs, des textures et des lésions.

Pour équiper ce type de pièce, on recommande un éclairement fort et homogène, d’une valeur située entre 500 et 1 000 lux selon les types d’actes pratiqués. Un IRC supérieur à 90 est indispensable pour un rendu des couleurs suffisant et un diagnostic fiable. Une lumière claire et neutre, voire froide, convient mieux à ce type de contexte, avec une température de couleur de 4 000 à 5 000 K.

Il existe aussi des lampes d’examen prévues pour éviter les ombres portées. On parle alors de luminaires sans scintillement ou sans bruit. Dans certains cas, la mise en place d’un système de variation d’intensité de lumière peut tout à fait convenir, afin d’ajuster l’éclairage en fonction des gestes à réaliser.

On trouve également dans les salles d’examen médical des négatoscopes numériques pour lire et interpréter les clichés radiographiques.

Voir les lampes d'examen et de diagnostic

Voir les négatoscopes numériques

Salles d’opération

En salle d’opération, la précision reste le maître mot. La luminosité doit être aussi parfaite que l’hygiène, ne permettre aucune ombre ni éblouissement pour ne commettre aucune erreur.

Naturellement, l’éclairage opératoire doit donc afficher un très haut niveau d’éclairement, allant jusqu’à 10 000 lux. La lumière ambiante, qui complète celui-ci, peut se situer au-dessus de 500 lux, en évitant toujours les zones d’ombres. La distinction des couleurs se révèle tout aussi cruciale, on conseille donc de viser un IRC supérieur à 90 et un UGR inférieur à 16, pour ne pas créer de gêne visuelle.

Nous vous conseillons également de privilégier un système laissant la possibilité de régler la température de couleur, pour limiter la fatigue visuelle du personnel. Dans ce type de pièce, il est aussi primordial de rechercher des luminaires stériles ou étanches, avec un indice de protection (IP) supérieur à 65, résistant aux produits désinfectants.

Bureaux et espaces du personnel

Dans les bureaux, où le personnel administratif passe sa journée le plus souvent assis devant un ordinateur, il est important de veiller au confort de chacun. Pour ce faire, un éclairement moyen de 300 à 500 lux peut suffire avec un UGR inférieur à 19, qui rend la lecture prolongée sur écran plus agréable. Un IRC supérieur à 80 est sans conteste adapté, car la priorité n’est pas à la distinction des couleurs, mais à la capacité de chacun à consulter un écran ou des dossiers pendant plusieurs heures sans souffrir.

En termes d’aménagement, un système suspendu ou indirect permet d’éclairer la pièce de manière peu agressive et appropriée. Idéalement, il est possible d’intégrer un variateur manuel pour que chaque usager puisse ajuster la luminosité à sa guise.

Espaces de détente et services annexes

Les espaces de détente doivent dégager une atmosphère apaisée, qui facilite le repos des membres du personnel, des proches des malades ou des patients eux-mêmes, selon la configuration des lieux. Dans un tel environnement, mais aussi dans les lieux plus annexes, comme les sanitaires, l’éclairage doit offrir une bonne visibilité.

On préconise souvent un éclairement modéré, entre 200 et 300 lux, avec une température de couleur chaude, autour de 2 700 à 3 000 K, et un IRC supérieur à 80.

L’important est d’adopter un aménagement esthétique favorisant l’apaisement, tout en choisissant des matériaux faciles à nettoyer. Dans les espaces dépourvus de fenêtres, l’installation d’un système de variation de lumière simulant la lumière naturelle constitue une excellente alternative.


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