
Dans les établissements publics, la maîtrise du risque incendie est un enjeu collectif : elle protège les usagers, garantit la continuité du service public et préserve le patrimoine.
L’UGAP vous guide en vous présentant les différentes caractéristiques d’un extincteur professionnel. Vous pourrez faire le meilleur choix pour votre établissement public en conciliant performance technique et conformité règlementaire.
Quels sont les différents types d’extincteurs ?
Administrations, ministères, ERP (France travail, CAF, Sécurité sociale, collèges, hôpitaux, etc.), industries : chaque établissement public fait face à une diversité de risques d’incendie, liés à la présence de matériaux combustibles variés, d’installations électriques et autres produits chimiques. Dans ce contexte, les modèles d’extincteurs disponibles sur le marché répondent à des usages précis, en fonction de la nature du feu à éteindre (tableau des correspondances ci-après). On distingue les extincteurs à eau, à mousse, à poudre, CO2 ou à neige carbonique.
L’extincteur à eau
Conçu pour éteindre les feux de classe A, l’extincteur à eau pulvérisée agit par refroidissement pour diminuer la température du foyer et empêcher la reprise des flammes. Son utilisation convient ainsi aux incendies qui impliquent des matériaux solides, à l’instar du papier, du bois, du carton ou des articles textiles. Certains extincteurs à eau, par additivité, sont enrichis de produits destinés à améliorer leur efficacité et leur pénétration dans les matériaux. On recommande notamment l’usage de ce type d’extincteur au sein des bureaux, des salles de classe, des zones d’archives ou encore des bâtiments administratifs.
Voir les extincteurs à eau et additif
L’extincteur à poudre
L’extincteur à poudre se définit comme le modèle le plus polyvalent, puisqu’il permet de traiter les feux de classes A, B et C, c’est-à-dire les incendies liés aux matériaux solides, aux liquides inflammables et au gaz. Son agent extincteur prend la forme d’une poudre chimique à double action : l’inhibition de la réaction chimique de combustion et l’étouffement. Il s’adapte idéalement aux environnements à risques multiples, à l’image des entrepôts ou des parkings souterrains. Ce type d’extincteur n’est pas adapté aux équipements fragiles ou électroniques, car il laisse des résidus corrosifs.
L’extincteur CO₂
L’extincteur CO₂ est spécifiquement conçu pour les feux de classe B et les incendies électriques. Le dioxyde de carbone remplace l’oxygène présent autour du foyer et le refroidit rapidement. Il agit donc par étouffement sans laisser de résidus, ce qui s’impose comme une solution optimale pour les laboratoires, les armoires électriques et les environnements équipés de matériel électronique. La portée des extincteurs CO2 est néanmoins limitée par rapport à celle des modèles à poudre, qui sont plus adaptés en cas de grands espaces ouverts ou ventilés.
Quels sont les critères techniques à prendre en compte
pour choisir un extincteur professionnel ?
Plusieurs critères techniques doivent être pris en considération pour garantir l’efficacité d’un extincteur en situation réelle et, ainsi, réaliser un choix éclairé. Les types de risques ainsi que des notions inhérentes au matériel comme la capacité, la portée et la facilité d’utilisation sont autant de paramètres à considérer pour faire correspondre le matériel aux normes incendie et aux besoins particuliers de chaque bâtiment.
Les types de risques
Identifier le type de feu auquel un établissement public ou un ERP est exposé permet de choisir le modèle d’extincteur le plus approprié. Les classes de feux A, B, C, D et F catégorisent les incendies d’après la nature du combustible et déterminent l’agent extincteur à privilégier. Puisque les risques peuvent coexister au sein d’un établissement composé à la fois d’ateliers de maintenance, d’archives papier et de locaux techniques sous tension, il est recommandé de sélectionner plusieurs types d’extincteurs professionnels en vue d’optimiser la sécurisation des lieux.
Tableau récapitulatif des spécificités et des contextes d’utilisation des 5 classes de feux
| Classes | Types de feux | Exemples de produits combustibles | Extincteurs associés | Exemples d’usages en établissement public ou ERP |
|---|---|---|---|---|
| Classe A | Feux secs ou solides | Bois, papier, carton, tissus… | À eau, à poudre ou à mousse | Rayonnages d’archives municipales, bibliothèques scolaires, salles de classe, bureaux administratifs |
| Classe B | Feux liquides | Hydrocarbures, huiles, solvants, éthanol, hydrogène… | À eau additivée (avec précaution), à poudre, CO₂ ou à mousse | Local de stockage de solvants dans les hôpitaux, ateliers de peinture dans les établissements scolaires |
| Classe C | Feux de gaz | Butane, propane, méthane, gaz naturel… | À poudre | Poste de remplissage de bonbonnes dans les cantines centrales, zone de soudage au gaz dans un centre de formation public |
| Classe D | Feux de métaux | Magnésium, sodium, aluminium, titane… | À poudre (chlorure de sodium ou graphite), jamais de CO₂, d’eau ni de poudre polyvalente | Laboratoires universitaires, centres de recherches aéronautiques |
| Classe F | Feux de cuisson (graisses) | Graisses et huiles de friture | Extincteurs spécifiques classe F à base de solution saponifiante type acétate de potassium | Cuisines centrales, cantines scolaires, restaurants administratifs dans les ministères |
Les feux d’origine électrique ne constituent pas une classe à part entière. Ils représentent un risque transversal et nécessitent des agents extincteurs non conducteurs, à l’instar du CO2 et de la poudre polyvalente, utilisable uniquement sur les incendies électriques jusqu’à 1 000 volts dans le respect d’une distance minimale de 1 mètre. La mention « utilisable sur feux électriques » doit figurer sur l’appareil pour garantir une utilisation sécurisée.
La capacité de l’extincteur
La capacité d’un extincteur désigne la quantité d’agents extincteurs qu’il contient, exprimée en kilogramme ou en litre. En pratique, cette capacité influence directement la performance d’extinction. Dans les établissements publics, la capacité doit être sélectionnée en fonction de la surface à couvrir, du type de risque présent et du temps d’intervention probable des secours.
Le Code du travail exige cependant le respect de ces trois règles :
- au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée d’une capacité minimale de 6 litres pour 200 m² de plancher,
- au moins un appareil par niveau pour lutter efficacement contre le risque incendie dans les établissements recevant des travailleurs.
- au moins un extincteur par niveau, avec au moins un appareil pour 200 à 300 m² pour les établissements recevant du public, et selon la catégorie d’ERP.
La portée de l’extincteur
La portée d’un extincteur représente la distance maximale de projection de l’agent extincteur pour que celui-ci soit efficace. Elle dépend à la fois du type d’agent utilisé, de la pression interne du réservoir et de la conception globale du diffuseur. Ainsi, la portée varie en principe de 2 à 5 mètres pour un extincteur portatif classique, contre 6 à 8 mètres pour les modèles à poudre haute capacité.
Elle influence la vitesse d’extinction du feu : plus elle est élevée, plus le jet peut couvrir une surface large en un temps réduit, ce qui limite significativement la propagation de l’incendie dans les hôpitaux, gares ou établissements scolaires à forte fréquentation.
Dans les établissements publics, la portée est un critère déterminant pour les zones difficiles d’accès, par exemple en cas de grande hauteur sous plafond. Une distance de sécurité est aussi requise pour protéger l’intervenant en cas d’incendie dans un atelier technique avec des machines en fonctionnement. Les extincteurs CO₂ possèdent en revanche une portée plus faible et nécessitent une intervention de proximité. Leur emplacement doit donc être stratégique, c’est-à-dire à proximité des zones à risque, avec un accès libre et correctement signalé.
Quelles sont les normes et règlementations concernant les extincteurs
au sein des établissements publics ?
Liées à la qualité du matériel, les normes et règlementations en vigueur en matière de sécurité incendie veillent aussi à ce que les extincteurs offrent une protection fiable et contrôlable dans la durée, dans leurs établissements d’implantation. Deux cadres règlementaires coexistent et fixent des exigences strictes en matière de sécurité incendie. Alors que les lieux de travail des agents publics (bureaux administratifs, ateliers, plateformes logistiques, etc.) relèvent du Code du travail, les établissements recevant du public (ERP) sont soumis au règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique. Cette approche bifocale signifie donc que la nature, le nombre et l’implantation des extincteurs dépendent à la fois de la configuration des locaux, de la qualité d’ERP, mais aussi de la capacité d’accueil de l’établissement.
Normes applicables, marquages et obligations légales
Les extincteurs mis en service dans un établissement public doivent répondre simultanément à 3 exigences :
- Le marquage CE : il atteste de la conformité aux directives européennes des équipements sous pression. Sur un extincteur, le logo CE doit figurer sur la cuve, la plaque signalétique et la notice afin qu’il puisse être installé dans votre établissement.
- La norme produit NF EN 3-7 : elle spécifie les caractéristiques, les exigences de performance et les méthodes d’essai relatives aux extincteurs d’incendie portatifs. Elle assure ainsi l’homologation de leurs capacités et une utilisation sûre par le public.
- La norme de maintenance NF S 61-919 : elle encadre les contrôles annuels.
Chaque appareil doit aussi être inscrit dans un registre de sécurité, avec la date d’installation, les contrôles et les interventions de maintenance.
Emplacement, signalisation et visibilité des extincteurs professionnels
Un extincteur conforme perd toute efficacité s’il n’est pas accessible en moins de 30 secondes. Une hauteur de pose comprise entre 90 cm et 1,20 m du sol est conseillée pour garantir une accessibilité optimale. En plus d’être facilement accessible à tous, un extincteur doit être clairement identifié au moyen de pictogrammes ISO. Dans les ERP, un agent ou un usager ne doit donc jamais marcher plus de 30 mètres pour atteindre un appareil. Les extincteurs spéciaux réservés aux armoires électriques, aux friteuses professionnelles ou aux métaux doivent notamment être placés à moins de 5 mètres de la source de danger, mais hors du volume de combustion potentiel afin de rester accessibles en toutes circonstances. Dans tous les cas, les emplacements réservés aux extincteurs doivent être consignés sur le plan de sécurité affiché à chaque entrée de niveau d’un bâtiment public.