La Rochelle mise sur l’UGAP pour électrifier sa flotte de bus

Mis à jour le vendredi 12 septembre 2025

En commandant 44 véhicules via l’UGAP, la communauté d’agglomération de La Rochelle affirme son engagement en faveur d’une mobilité durable. Ce renouvellement massif de la flotte de bus s’inscrit dans une ambitieuse feuille de route visant la neutralité carbone d’ici 2040, mêlant déploiement progressif de bus électriques, lancement de navettes gratuites en centre-ville et modernisation des infrastructures de recharge.

Un projet historique et ambitieux d’électrification de la flotte

« Il ne s’agit pas simplement de créer de nouvelles lignes, mais bien d’un projet global d’électrification de la flotte, visant à remplacer les bus diesel par des véhicules électriques », explique Stéphanie Nair, chef de projets Mobilité à la Communauté d’Agglomération de La Rochelle. L’objectif est ambitieux : parvenir à un réseau 100 % électrique d’ici 2031-2035.

Pour le moment, 44 bus ont été commandés, dont six hybrides et une majorité de véhicules électriques. Ces six bus hybrides, déjà livrés, répondent à un besoin urgent de renouvellement, notamment pour les bus articulés, car les infrastructures de recharge n’étaient pas encore suffisamment développées pour une transition immédiate vers des véhicules entièrement électriques.

Par ailleurs, trois navettes BLUEBUS électriques, inaugurées le 21 juillet 2025, vont desservir gratuitement le centre-ville via une nouvelle ligne. Cette initiative, une première pour les usagers, offrira un service sans ticket dès l’été 2025. « La gratuité est un sujet politiquement important, avec un premier test réalisé en décembre dernier », souligne Mme Nair.

Cette transition s’inscrit dans la politique globale « La Rochelle territoire zéro carbone », qui vise à réduire fortement les émissions et promouvoir une mobilité toujours plus propre et responsable.


Une collaboration inédite pour une commande historique

« Nous sommes présents à chaque étape », insiste Patrice Dufour, chargé d’affaires spécialisé véhicules à l’UGAP, qui accompagne personnellement la réception des bus. « Je valide tous les véhicules à la livraison et j’assure un suivi rigoureux lors des phases de recettage ». Ce contrôle minutieux garantit que les bus répondent parfaitement aux exigences techniques et opérationnelles du réseau, notamment dans la maîtrise des nouvelles technologies électriques.

Cette commande s’inscrit dans une collaboration inédite avec l’UGAP, qui a permis à La Rochelle de réaliser une acquisition historique. « Pour la première fois, La Rochelle s’appuie sur l’UGAP pour sa commande, avec 44 véhicules achetés d’un seul coup, un volume jamais vu », souligne Stéphanie Nair. « Jusqu’ici, nous commandions via la centrale d’achat du transport public ou lancions nos propres marchés. Mais cette fois, l’UGAP proposait des tarifs avantageux et des véhicules électriques référencés, ce qui nous a permis de bâtir ce projet ensemble ».

Cette démarche a également favorisé la diversification des fournisseurs : six bus hybrides d’IVECO, sept bus électriques standards HEULIEZ BUS (constructeur local Mauleon, Deux-Sèvres) et trois navettes BLUEBUS ont été acquis. En parallèle, 12 bornes de recharge ont été installées pour accompagner cette transition énergétique. « C’était la première fois en dix ans que je rencontrais le service des transports à La Rochelle », précise Patrice Dufour, soulignant la portée de cette collaboration.


Les défis techniques et humains d’une transition progressive

Si les premières livraisons se sont bien déroulées, la transition vers l’électrique ne va pas sans défis techniques. « Pour les bus déjà livrés, les bornes sont opérationnelles, mais pour les véhicules à venir, nous sommes confrontés à des difficultés liées aux dépôts anciens, qui ne répondent plus aux normes actuelles », précise Mme Nair.

Un projet de construction d’un nouveau dépôt est à l’étude, car « cet enjeu représente un investissement conséquent, qui freine pour l’instant le renouvellement complet de la flotte ».

Au-delà de l’aspect matériel, cette évolution requiert une adaptation des conducteurs et des exploitants, qui découvrent un véritable changement dans leur métier : gestion de l’autonomie, suivi des bornes de recharge, maintenance spécifique…

« L’exploitant s’approprie peu à peu cette nouvelle technologie, ce qui facilite la programmation des bus électriques sur un nombre croissant de lignes », observe la responsable mobilité. Les premiers retours sont encourageants : « Ça fonctionne bien, les conducteurs s’approprient rapidement ces nouveaux véhicules », conclut-elle, optimiste quant à la poursuite de cette transition écologique.