Inauguration à Arras : deux nouvelles BOM au B100 pour une collecte plus durable

Mis à jour le mercredi 28 mai 2025

Le Syndicat Mixte Artois Valorisation (SMAV) a inauguré, le 23 mai à Arras, deux bennes à ordures ménagères alimentées au biocarburant B100. Une acquisition à la croisée des chemins entre transition écologique, sécurité des agents et relance de l’investissement public.

Une réponse urgente au vieillissement du parc

Il aura fallu attendre trois ans pour voir de nouveaux camions intégrer la flotte du SMAV. « Le dernier investissement datait de 2021 », rappelle Cédric Delmotte, président du syndicat. « Or, ces engins doivent être renouvelés tous les sept à huit ans. » Vieillissement mécanique, enjeux de sécurité et pression budgétaire ont donc fini par imposer un plan pluriannuel d’investissement (PPI) : trois à quatre camions seront acquis d’ici 2025-2026 puis neuf supplémentaires de 2027 à 2032 pour un montant global d’environ 11 millions d’euros.

Ces deux premières BOM (bennes à ordures ménagères) B100, un carburant conçu 100% à base d’huile de Colza, ouvriront la voie. Leur déploiement est prévu en zone rurale, notamment dans les secteurs les plus éloignés d’Arras. Une clé géante imprimée en 3D a symboliquement marqué cette remise officielle, organisée dans le cadre de la convention de la communauté urbaine.

Le choix du B100 : une solution intermédiaire mais stratégique

Pour le SMAV, le choix du B100 s’est imposé par nécessité autant que par cohérence. Il présente l’avantage d’une empreinte carbone réduite jusqu’à 60 % d’émissions de CO₂ en moins par rapport au diesel tout en offrant une logistique et une disponibilité compatibles avec les réalités du terrain.

« C’est une solution de transition », assume Cédric Delmotte, qui n’exclut pas une évolution vers le gaz ou l’électrique à moyen terme pour les secteurs urbains. Pour l'heure, le B100 a fait ses preuves et reste une option flexible, permettant de basculer ponctuellement vers le diesel en cas de nécessité.

Au-delà du carburant, les camions eux-mêmes incarnent une nouvelle génération de véhicules utilitaires. Fabriqués en France, carrossés par SEMAT et motorisés par Renault Trucks via sa filiale Coquidé, ils intègrent de nombreuses avancées : sièges ergonomiques, éclairage optimisé, rétroviseur à 360°, systèmes de radars électriques... Une exigence dictée par l’expérience. « Nos agents passent sept heures par jour dans ces camions. Ce sont leurs bureaux. Il était temps d’en faire des lieux de travail sûrs et confortables », insiste le président du SMAV.

Un accompagnement UGAP qui fluidifie l’investissement public

Le recours du SMAV à l’UGAP, s’est fait naturellement l’année dernière. « L’UGAP nous fait gagner du temps, confie le président du SMAV. Elle nous soulage sur la partie administrative, mais surtout, nous apporte une vraie expertise technique. », explique-t-il. Une expertise qui s’est révélée décisive dans un moment charnière. « Nous sortions d’une période difficile pour le syndicat. Il fallait enclencher l’investissement rapidement, et surtout montrer aux équipes que des choses bougeaient. Grâce à l’UGAP, on a eu les camions en six mois. »

Cédric Dieval, Ingénieur d’affaires et Valérie Morel Chargée d’affaires à l’UGAP Lille, saluent la démarche engagée par le SMAV : « Nous sommes fiers d’avoir pu accompagner le SMAV dans cette démarche de renouvellement de parc. L’UGAP contribue activement à la réduction de l'empreinte carbone du territoire »

Une volonté politique assumée

À l’heure où les collectivités doivent concilier sobriété énergétique et qualité du service, le choix du B100 à Arras illustre une forme de pragmatisme éclairé. Ni greenwashing, ni immobilisme. « Il faut que ça marche, d’abord », indique Cédric Delmotte. Mais il salue aussi un modèle vertueux : la filière colza soutient l’agriculture nationale, le biocarburant circule en boucle courte et les agents roulent dans de meilleures conditions.

Le syndicat assume ainsi une double ambition, celle de moderniser sans attendre l’industrialisation de l’hydrogène ou l’essor de batteries fiables pour la collecte, tout en préparant la suite. Une transition pensée sans brutalité, dans la continuité des usages et des besoins du terrain. Ces deux camions marquent simplement le début du mouvement.