Comment contrôler la qualité de l’air intérieur dans votre collectivité locale ?

Le contrôle de la qualité de l’air intérieur (QAI) représente aujourd’hui un enjeu sanitaire et environnemental majeur pour les collectivités locales, dont les bâtiments accueillent chaque jour des publics sensibles dans des écoles, crèches, bureaux ou infrastructures sportives. De nombreuses études montrent que l’air intérieur peut être jusqu’à cinq fois plus pollué que l’air extérieur, exposant ainsi les usagers à des risques souvent sous-estimés : allergies, troubles respiratoires ou aggravation de certaines pathologies.

Afin de garantir le bien-être de tous, le gouvernement impose notamment aux collectivités de prévoir des systèmes d’aération et de ventilation efficaces et adaptés à la configuration des lieux.

L’UGAP vous accompagne, responsable de collectivité, à travers ce guide en vous offrant une compréhension claire des risques, des obligations règlementaires et des solutions concrètes dans votre démarche d’assainissement de l’air intérieur, et ainsi, garantir un air sain et protéger durablement la santé de tous.

Quels sont les principaux polluants de l’air intérieur ?

L’air présent à l’intérieur des bâtiments renferme une certaine concentration de polluants, liés aux activités humaines et aux matériaux environnants. Chaque respiration, les composés chimiques libérés par les meubles, ainsi que les produits d’entretien diffusent des particules et polluants qui s’accumulent dans un espace fermé. Sans aération suffisante, ces substances peuvent nuire à la santé des occupants. Contrairement aux idées reçues, l’air d’un logement ou d’un bureau n’est pas forcément plus sain que l’air extérieur, que l’on vive en ville ou à la campagne. Pour préserver un environnement intérieur bon pour la santé, il est essentiel d’identifier les principaux polluants responsables de la dégradation de la qualité de l’air.

Les familles de polluants à connaître

On distingue généralement 3 principales familles de polluants de l’air intérieur : les polluants chimiques, physiques et biologiques.

  • Les polluants chimiques sont très présents dans les environnements modernes. Parmi les plus célèbres, on trouve notamment le formaldéhyde, qui se dégage des meubles en aggloméré, des colles et des vernis. Les composés organiques volatils (COV) émanent aussi de diverses peintures, détergents ou parfums d’ambiance, et s’évaporent naturellement, pouvant ainsi irriter les voies respiratoires. Le benzène, produit par certaines combustions, pollue également l’air ambiant, au même titre que le CO2, qui représente un véritable indicateur d’air vicié.
  • Les polluants physiques les plus connus sont sûrement les particules fines, telles que les PM₂.₅ et PM₁₀, qui pénètrent en profondeur dans les voies respiratoires et peuvent causer des troubles chroniques. D’un autre côté, les fibres minérales artificielles, présentes dans certains isolants, ou simplement la poussière accumulée aggravent souvent les problèmes respiratoires et les allergies, surtout si l’air n’est pas suffisamment renouvelé.
  • Les polluants biologiques peuvent prendre différentes formes : moisissures, pollens, virus et bactéries circulent très aisément dans les espaces collectifs, ce qui participe à une dégradation progressive de la qualité de l’air intérieur.

Les sources de pollution dans les bâtiments publics

Les polluants évoqués proviennent de sources internes ou externes. En intérieur, les produits d’entretien, le mobilier, les peintures, le matériel informatique, même les vêtements des usagers et leur seule respiration dégagent des particules qui s’accumulent dans l’air ambiant.

Quant aux sources externes, il s’agit de la pollution urbaine, comme la circulation automobile, des usines ou chantiers environnants, s’infiltrant par le biais d’une ventilation défectueuse ou mal entretenue.

Les conséquences d’un air malsain sur la santé et le bien-être

L’exposition prolongée aux différents polluants peut engendrer de nombreux troubles : allergies, maux de tête, baisse de concentration, problèmes respiratoires ou encore fatigue chronique. Les crises d’asthme sont particulièrement fréquentes dans les lieux mal ventilés, par exemple. Sur le long terme, la présence de ces micropolluants peut impacter profondément et sur le long terme la santé de certains occupants. Les publics sensibles, les enfants, les personnes âgées ou malades sont inévitablement les plus touchés par ces désagréments.


Quelles sont les obligations légales concernant la QAI ?

La qualité de l’air intérieur constitue un enjeu actuel majeur pour les structures accueillant du public. Depuis une quinzaine d’années, la législation française a progressivement renforcé les obligations de ces dernières, notamment dans le cas où elles reçoivent des personnes aux profils plus sensibles. Les collectivités doivent garantir des espaces clos sains et bien ventilés, tout en sensibilisant leur personnel.

Ainsi, pour préserver la santé de tous les usagers, l’État a mis en place certaines normes que les collectivités et plus spécifiquement les établissements recevant du public (ERP) doivent respecter.

Le cadre règlementaire pour les ERP

Les obligations légales des ERP varient selon le type de personne accueillie. La qualité de l’air intérieur doit faire l’objet d’une surveillance accrue dans certains lieux, a fortiori :

  • Les établissements d’accueil collectif d’enfants de moins de 6 ans (crèches, haltes-garderies, jardins d’enfants).
  • Les écoles maternelles et élémentaires.
  • Les accueils de loisirs.
  • Les accueils de loisirs.
  • Les collèges et lycées.
  • Des ERP pouvant accueillir des populations vulnérables (centres médicosociaux, établissements de santé…).

Cette stratégie s’inscrit dans le cadre de la loi Grenelle II du 12 juillet 2010 et du décret n° 2015-1000 du 17 août 2015 Ouvrir un nouvel onglet , qui en précise les modalités. Ces textes ont rendu obligatoire la mise en œuvre d’une démarche d’évaluation et de prévention de la QAI. Les dispositions sont codifiées aux articles R.221-30 à R.221-37 du Code de l’environnement Ouvrir un nouvel onglet , qui imposent non seulement une évaluation des risques sanitaires associés à la pollution intérieure, mais aussi la mise en place d’actions correctives lorsque les concentrations mesurées dépassent les valeurs de référence.

Les démarches à mettre en place

Depuis le 1er janvier 2023, la règlementation a été assouplie pour laisser le choix entre deux démarches : l’évaluation des moyens d’aération et de la bonne ventilation des locaux, ou bien la réalisation de campagnes de mesures des polluants règlementés, effectuées par un organisme accrédité par le COFRAC (Comité français d’accréditation).

La première option consiste à analyser les systèmes de ventilation et d’évacuation déjà en place pour en identifier les faiblesses. Il s’agit d’une approche préventive, qui inclut aussi la mise en place d’un plan d’amélioration.

La seconde option repose sur la réalisation de mesures de polluants dans l’air, effectuées par un organisme accrédité. Quatre substances sont actuellement règlementées : le formaldéhyde et le benzène, tous deux reconnus pour leurs effets cancérogènes, le dioxyde de carbone (CO₂), indicateur du confinement, et les particules fines (PM₂.₅). Ce suivi peut être ponctuel ou intégré dans une stratégie de long terme, selon la situation du bâtiment.

Cette surveillance est obligatoire depuis 2018 pour les structures accueillant des enfants de moins de six ans, depuis 2020 pour les écoles élémentaires, et depuis 2023 pour les accueils de loisirs, collèges et lycées. Cette mise en œuvre progressive permet aux collectivités de mieux s’adapter techniquement et financièrement aux exigences règlementaires.

Les acteurs et prestataires agréés

La surveillance de la qualité de l’air intérieur relève de la responsabilité des collectivités, qui doivent faire appel à des organismes accrédités par le COFRAC pour réaliser les mesures règlementaires (formaldéhyde, benzène, CO₂, etc.) selon la norme NF EN ISO/CEI 17025.

Ces prestataires garantissent la fiabilité des analyses et le respect des protocoles officiels. Ils peuvent également accompagner les structures dans la mise en place d’actions correctives.

Les collectivités bénéficient aussi de l’appui des agences régionales de santé (ARS), qui assurent une fonction de contrôle et de conseil sur les territoires. Les bureaux d’études spécialisées proposent, de leur côté, des audits techniques et des solutions d’amélioration. Enfin, les centrales d’achat publiques comme l’UGAP référencent des produits et services conformes au cadre légal.


Comment choisir un purificateur d’air adapté à sa collectivité publique ?

Un purificateur d’air filtre les particules présentes dans l’air intérieur, comme la poussière, le pollen, les allergènes ou certains polluants. Il aide ainsi à améliorer la qualité de l’air ambiant et à créer un environnement plus sain.

Le choix de ce dispositif dépend de plusieurs critères. Il doit combiner performance, facilité d’usage et sécurité, tout en tenant compte de la configuration des lieux, et compléter la ventilation existante, sans créer de nouvelles nuisances.

Les critères techniques essentiels

Le premier critère à considérer au moment de sélectionner son purificateur d’air est sans doute le type de filtration. Les filtres HEPA (filtre à air à haute efficacité) restent les plus recommandés, car ils captent de nombreuses formes de particules fines et d’allergènes en un seul passage. Les filtres à charbon actif, quant à eux, les complètent souvent pour absorber une partie des COV et des odeurs, ce qui se révèle particulièrement appréciable dans les lieux très fréquentés. Il existe d’autres technologies, comme la photocatalyse, l’ionisation ou l’UV-C (désinfectant), mais prenez garde à bien vérifier l’absence d’émissions secondaires indésirables, telles que l’ozone, par exemple.

Parmi les critères techniques essentiels figure aussi le débit d’air pur, exprimé par l’indicateur CADR (Clean Air Delivery Rate). Celui-ci doit être adapté à la taille des pièces, à leur volume et à leur nombre d’occupants. Un appareil surdimensionné peut s’avérer bruyant et énergivore, tandis qu’un autre, sous-dimensionné, ne renouvellera pas assez d’air.

Enfin, le niveau sonore, la consommation énergétique, et le mode d’entretien des filtres doivent également être pris en compte pour un usage continu et suffisant, au quotidien et sur le long terme.

Adapter le choix du purificateur au type de bâtiment et à la pièce concernée

Le matériel le plus approprié pour purifier l’air intérieur varie selon les activités pratiquées dans le bâtiment et le public accueilli. Par exemple, pour les crèches et les écoles, la discrétion sonore, la sécurité et la faible émission d’ozone et d’autres substances irritantes sont prioritaires. Dans ce contexte, les appareils doivent pouvoir fonctionner de manière continue sur de longues périodes.

Pour les bureaux et salles de réunion, on préconise de privilégier une bonne performance et efficacité énergétique, pour limiter les coûts de fonctionnement. Les modèles muraux ou mobiles silencieux sont souvent conseillés pour ne pas perturber les échanges tout en assurant un renouvellement de l’air efficace.

Dans les espaces collectifs ou sportifs, on recommande d’opter pour des appareils dotés d’un système de filtration renforcé, avec un accès simplifié aux filtres pour une maintenance pratique et un indicateur CADR élevé.

Voir les purificateurs d’air

Intégrer le purificateur dans une démarche globale de QAI

Un purificateur d’air, si efficace soit-il, ne peut ni remplacer une bonne ventilation qu’elle soit naturelle ou mécanique, ni se substituer à une politique rigoureuse de nettoyage des bâtiments. Il représente, en revanche, un excellent outil complémentaire, surtout si les possibilités d’aération sont limitées. La sensibilisation des usagers aux bons réflexes demeure indispensable pour un air intérieur de qualité sur le long terme.

Lire le Guide d’achat : Comment bien choisir son purificateur d'air ?


Quelles sont les bonnes pratiques à mettre en place pour un air plus sain ?

Pour un air intérieur plus sain au quotidien, l’installation d’un purificateur d’air efficace s’accompagne de la mise en place de plusieurs bonnes pratiques. Aération naturelle (ouverture des fenêtres), choix de produits d’entretien moins impactant pour la santé, sensibilisation et formation : différentes solutions existent pour limiter la pollution à l’intérieur d’un ERP.

Les bons gestes au quotidien pour un air intérieur renouvelé

Nous vous recommandons un geste très simple, matin et soir : ouvrir les fenêtres pendant 5 à 10 minutes. Cette simple action permet d’évacuer une grande partie des polluants accumulés et de renouveler l’air très rapidement.

Par ailleurs, il existe des produits d’entretien à faible émission de COV, parfaits pour un espace impeccable sans substances nocives. Il est d’ailleurs conseillé de ne pas utiliser trop de parfums d’ambiance, qui peuvent irriter les voies respiratoires des personnes les plus sensibles.

Il est également important de prévoir une maintenance préventive régulière des systèmes de ventilation et de climatisation, comme les VMC (ventilation mécanique contrôlée) ou les CTA (centrale de traitement de l’air), afin d’éviter leur encrassement et ainsi de garantir leur fonctionnement sur le long terme. Ces manipulations vont de pair avec le contrôle fréquent de l’humidité et des moisissures, sources d’allergies et d’irritations.

Nous vous suggérons de sensibiliser les agents et usagers à ces bonnes pratiques afin que ces gestes deviennent quotidiens, pour un air plus sain pour tous.

Les services et accompagnements disponibles

Pour aller plus loin, les collectivités peuvent s’appuyer sur des diagnostics complets réalisés par des prestataires agréés, qui mesurent la présence des polluants et proposent des plans d’action personnalisés à chaque structure selon ses besoins.

Voir l'offre Contrôles règlementaires des bâtiments (CRB)

Dans le but de maintenir le matériel en bon état, il est possible de souscrire un contrat de maintenance et d’assistance technique, pour les purificateurs, la ventilation et les divers capteurs. Cette démarche assure de sécuriser leur fonctionnement et de pérenniser les investissements.

Voir l'offre Maintenance multitechnique des bâtiments

Les organismes tels que l’UGAP vous accompagnent aussi dans la formation et la sensibilisation des agents, équipes techniques et usagers, afin de diffuser la culture de la qualité de l’air. Ce type de structure facilite également l’accès à des solutions labellisées, conformes aux exigences règlementaires et négociées à des conditions avantageuses.

Voir l'offre de Formation professionnelle digital-learning sur mesure

La Centrale d'Achat Public intègre dans ses prestations une option de suivi du contrôle de la QAI : le déploiement de solutions connectées pour mesurer des indicateurs de qualité de l'air (taux de CO2, humidité, température) et être alerté en cas de seuils atteints.

Voir la solution smart city Contrôle de la qualité de l'air intérieur

Vers une stratégie sur la qualité de l’air globale

Pour mieux vivre ensemble, la qualité de l’air intérieur doit faire partie intégrante de la politique de santé environnementale d’une collectivité. Le suivi repose sur la mise en place de tableaux de bord, d’un reporting régulier et d’une évaluation fréquente des gains sanitaires, qui peut prendre de multiples formes : diminution des plaintes, du ressentiment d’inconfort, de l’absentéisme…

Les actions menées peuvent être valorisées par une communication interne et externe, ainsi que par la recherche de labels ou de certifications, HQE (haute qualité environnementale) ou ISO 14001 par exemple, qui renforcent l’image d’exemplarité de la collectivité et fédèrent les équipes autour d’un projet commun.


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